Notre pays, est très fier de ses riches et diverses ressources naturelles, qui pourtant, n’ont pas été encore transformées convenablement, en vue de réaliser les objectifs d’un véritable développement humain et durable du pays.
Actuellement, en dépit de l’augmentation des périmètres valorisées, l’exploitation minière représente environ 13% du PIB, 25% des recettes publiques et 80% des recettes d’exportation.
Cet Eldorado minier, contraste avec le niveau de développement humain et économique du pays, qui très en deçà de la moyenne africaine.
Selon les données de l’ELEP-2012, deux chiffres crèvent les yeux : le seuil de pauvreté monétaire et multidimensionnelle, qui sont
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respectivement de 55, 2% et 60,7% de la population guinéenne, dont les femmes et les enfants pour la plupart.
En terme clair, à côté de cet Eldorado minier, vit une population d’à peine seulement 14 millions, mais dont plus du 3/5eme souffrent de privations multiples et notamment en termes de services sociaux de base : Education, Eau potable, électricité, Assainissement, Logement et transport…
Ainsi, l’analyse de la dynamique de développement, il ressort éloquemment, qu’en dépit des énormes atouts dont disposent le pays, consolidés par une normalisation progressive du contexte politique, la Guinée reste globalement, un Etat fragile.
Des défis critiques sont encore à relever dans tous les compartiments de la vie politique, économique et sociale, en vue de lui permettre d’exploiter à bon escient ses énormes potentialités minières, agricoles, halieutiques et humaines, qui sont nécessaires à son développement durable.
Nous soutenons clairement l’analyse selon laquelle, l’exploitation du potentiel minier pour le bénéfice de l’économie et des populations Guinéennes a été longtemps freinée par d’importants défis dont la plus importante est la gouvernance dans tous ses compartiments Economique, Politique et Social.
L’illustration la plus tangible en 2017 de ce phénomène en Guinée, est la persistance de la courbe de la corruption et de l’impunité, le tout consolidé par l’incivisme aggravé et une opacité manifeste créant un déficit chronique de confiance entre le citoyen lambda et les pouvoirs publics. Cette situation réalisant ainsi le très cynique tableau du « guinéo scepticisme ».
La grande pauvreté du pays profond, est en corrélation avec l’exploitation minière dans cette même partie, car, les attentes des populations dans les localités minières sont loin d’être atteintes.
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C’est dans ce contexte, que le présent forum sur l’initiative du développement minier responsable intervient au milieu d’une crise sociale à point de départ syndical ou catégoriel, mais dont les dessous se sont révélés comme une sorte d’insatisfaction latente ou d’accumulation de diverses frustrations sur fond d’incivisme, qui s’est emparée spontanément d’une population urbaine à majorité jeune et sans emploi.
La Société Civile qui a été très impliquée dans ce processus de réflexion stratégique, de production à outrance, apprécie à sa juste valeur cette démarche très participative, inclusive et transparente qui a mis ensemble, les acteurs les plus pertinents du secteur minier guinéen.
La démarche très ouverte et structurée, a permis de toucher du doigt, les vrais problèmes abordés à travers les vraies questions, comme ingrédient pour un développement minier responsable.
Nous saluons les efforts, reconnaissons la réalité de cette Expertise nationale et étrangère qui a favorisée des activités préparatoires de haut niveau et dont les conclusions à travers ces journées permettront de bâtir un véritable bouclier décisionnel pour un développement durable, au bénéfice des générations actuelles et futures.
Nous estimons à travers cette confiance renouvelée, que les engagements issus de ces journées permettront aux décideurs, acteurs et partenaires de changer définitivement de paradigmes en s’orientant irréversiblement sur la voie du réalisme et de la vérité dans l’exploitation minière.
Ce changement requiert de tous, pragmatisme, engagement, compétence et surtout du Gouvernement et des Entreprises, plus de transparence, de rédevabilité.
Cette table ronde est aussi un atout et des opportunités à saisir pour changer de paradigme en faveur :
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– D’une meilleure coordination des efforts des décideurs, acteurs et partenaires pour répondre aux épineuses questions de moyens, d’Expertise et de la participation citoyenne responsable orientés vers des impacts plus solides.
– Aussi, d’un alignement stratégique des Partenaires du secteur en vue d’une synergie Efficace et Efficiente.
– Ensuite, la mise en place d’un cadre cohérent d’Evaluation participative, et facilitateur de diverses interpellations citoyennes axés sur les résultats.
– Enfin, pour plus de responsabilisation des acteurs, surtout communautaires, comme un gage de Confiance permettant de réduire et de gérer efficacement les conflits dans les zones minières.
Mesdames et Messieurs ;
Se réjouissant de cette retrouvaille une fois encore, cadre permettant de poser sans préjugé aucun, les défis communs qui nous interpellent : acteurs sociaux, Gouvernements et Entreprises minières, il convient d’insister sur les points ci-dessous :
– Accès à l’information minière et les opportunités qui en découlent :
En tant qu’élément essentiel de la Transparence, de la Bonne Gouvernance et la clé de la Confiance, elle commande de la part du Gouvernement, des Entreprises et des Partenaires plus d’ouverture, de bonne foi et d’Expertise de tous, pour la collecte d’information crédible et auditable. Bien que, les avancées dans la mise en oeuvre de l’ITIE soit remarquables.
– Elargissement du périmètre minier après des efforts d’assainissement de cadastre minier, qui reste à poursuivre inlassablement quel que soit les poids des lobbies et des groupes d’intérêt centrifuges, dont l’impunité et la corruption constituent des terreaux fertiles, ne sont pas sans incidence sur l’environnement. Des problèmes fonciers et domaniaux se sont multipliés dans les zones minières, devant un cadre
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structurel, institutionnel et juridique très fragiles. Les procédures de déplacement, qui prennent la forme de déguerpissements, n’obéissent pas suffisamment aux règles établies en la matière. Ce qui contribuent à l’augmentation de la vulnérabilité face à la pauvreté des communautés déplacées à cause de l’accaparement des terres cultivables notamment dans des conditions parfois obscures. Ceci impacte négativement sur le flux migratoire en terme d’exode rural et d’émigration vers l’occident par des voies parfois suicidaires.
– La prévention et la gestion efficace des conflits communautaires, prenant parfois impunément pour cibles les Entreprises minières ;
Cette réalité pourrait changer à travers une bonne stratégie de dialogue, de concertations et de redevabilité ; les comités locaux de concertation à ce titre méritent une redynamisation pour leur opérationnalisation.
– Optimiser les ressources et les compétences nationales en vue d’améliorer la qualité des négociations des contrats miniers dans le sens de l’intérêt des populations.
Mesdames et Messieurs ;
Face à ces défis, la société civile guinéenne conformément à l’esprit de ce partenariat amorcé, oeuvrera à une implication optimale des OSC les plus significatives à travers des actions d’information et de sensibilisation des communautés, pour plus de participation en vue surtout d’inverser les perceptions négatives. Cet engagement requiert des acteurs de la société civile qui, requinqués, au sortir de ces assises, s’investiront sérieusement à travers des actions citoyennes plus concrètes, leur permettant de sortir des « discours négationnistes » et les communications à charge sur le secteur minier, qui a besoin d’un nouveau souffle, pour son développement.
Durant ce processus, notre conviction en tant qu’acteurs de la Société civile guinéenne, s’est renforcée autour de l’un des principes dualistes caractéristiques d’une Exploitation minière Responsable : Responsabilité et Actions positives.
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C’est pourquoi du haut de cette tribune nous plaidons en faveur :
– D’une réelle volonté politique du Gouvernement, d’un engagement citoyen des différentes communautés, la responsabilité et la bonne foi des sociétés,
Mais surtout, un accompagnement des partenaires à oeuvrer pour une amélioration de la qualité de la Gouvernance, surtout du secteur minier et le respect des différents engagements pris lors de ces journées.
– Du payement par les sociétés minières des taxes communautaires encore dues, pour qu’au sortir de cette table ronde de haut niveau, la confiance tant souhaitée se réinstalle durablement ;
– D’une véritable implication de la société dans le suivi de l’action publique et la promotion des transparences budgétaire locale.
Enfin, Mesdames et Messieurs ;
La Guinée ces dernières années, a connu une véritable révolution sur le vaste chantier des TIC, ce qui constitue à la foi un atout de participation citoyenne, mais surtout des obligations de la part du Gouvernement à faire preuve de plus de transparence et de rédevabilité.
Faisons plus pour nos communautés, par la Bonne Gouvernance, nous parviendrons à notre objectif ultime, qui consiste à faire des mines le combustible économique pour le décollage des secteurs sociaux et de production à forts potentiels économique et pourvoyeurs de croissance et de développement durable.
Vive les communautés responsables.
Vive le partenariat national et international ;
Vive le développement durable.
Que Dieu bénisse la Guinée et les Guinéens.
Je vous remercie.

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