Crise socio-politique en Guinée : Le régime de Lansana Conté aurait-il survécu ?
Le 10 Janvier 2008, la puissante Inter-Centrale guinéenne a appelé à une grève générale et illimitée. Motif : la violation par le Président Conté du procès verbal des accords tripartites du 27 Janvier 2007.
En effet, le 5 décembre 2007, la signature des décrets présidentiels portant sur la restructuration des cabinets ministériels dans son article 178 relatif au secrétariat général à la présidence de la République, donnant à l’occupant de ce poste les prérogatives du Premier Ministre de Consensus : contrôler l’action gouvernementale, constituait une violation des accords tripartites, le Chef du Gouvernement étant selon l’Article 1 des attributions du PM: "chargé de diriger, de contrôler, de coordonner et d'impulser l'action du Gouvernement". Rattachant de facto, contrairement aux accords passés entre Conté et les syndicats, la Banque Centrale à la présidence de la République.
Le 3 Janvier 2008, un discours écrit attribué au Chef de l’Etat qui ne l’a lu ni à la radio, ni à la télévision, mais diffusé dans l’agence guinéenne de presse (média public) et des sites d’informations destinés à la Guinée est à l’origine de folles rumeurs de remaniement ministériel avec des déconcentrations de certains départements. Dans ce discours qu’on attribue au Président Conté, des efforts de redressement socio-économiques et politiques entrepris par le Gouvernement de consensus sont bafoués. Ignorés. Le retour à la période d’avant la grève du 10 Janvier 2007 clairement manifesté.
Issa Condé serait suspendu par Justin Morel Junior pour avoir publié le discours dans l’agence guinéenne de presse (AGP) dont il est le Directeur, un message que Lansana Conté refuse de revendiquer officiellement.
Jeudi 3 Janvier 2008, Issa Condé fait part à Idrissa Thiam de sa suspension par Morel. Thiam prend la copie de l'acte et l'amène au Chef de l'Etat en lui disant "Président, vous voyez, Morel qui ne cesse de vous narguer à travers ses comportements vient de sanctionner Issa Condé du fait que ce dernier ait publié votre message de nouvel an". Le Chef de l'Etat se fâche et dit "Préparez-moi un décret, je vais mettre Issa à sa place".
Après vérification de cette information, il se trouve que depuis sa prise de fonction au Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l'Information, JMJ n'a jamais sanctionné qui que ce soit.
L’aile extrémiste du clan présidentiel sous la conduite du très controversé Idrissa Thiam était prête à commettre l’irréparable. Informé par les services secrets, le gouvernement met le plus célèbre Ministre de l’équipe Kouyaté à l’abri. Et le soir du 3 Janvier, un décret présidentiel le limogeant, obtenu grâce aux intrigues du sulfureux Directeur du Protocole de Lansana Conté, tombe comme un couperet. C’est le retour aux manifestations populaires. Dalaba, Conakry, N’zérékoré, Labé, Kankan…, bref tout le pays accroché aux acquis du changement et en signe de contestation descend à nouveau dans la rue. Dans les quatre coins de la Guinée, les citoyens demandent au Chef de l’Etat de remettre le plus populaire Ministre du Gouvernement Kouyaté dans ses fonctions.
La riposte des parrains du Gouvernement de Consensus
Le Vendredi 4 Janvier, l’Inter-Centrale syndicale qui tient une réunion à la Bourse de Travail, siège de l’institution, dénonce sans réserve le limogeage de JMJ, qu’elle considère comme une violation de plus des accords tripartites co-signés par Lansana Conté.
Ce constat fait par les syndicats est consolidé par le Premier Ministre de Consensus qui, dès le lendemain affirme qu’il n’a pas été consulté par le Président Conté pour limoger son Ministre.
A l’issue d’une journée de débats houleux avec leur base, les leaders syndicaux dans un communiqué de presse lancent un appel à la grève générale illimitée pour le 10 Janvier 2008 pour faire respecter les accords tripartites violés : le limogeage unilatéral par le général Conté de JMJ, le rattachement de la BCRG à la présidence et les énormes pouvoirs attribués au secrétariat général à la présidence…
Pendant ce temps, à Conakry comme dans le pays profond, les préparatifs pour les manifs du 10 Janvier sont largement suivis par les populations. La Guinée est au ralenti. Les banques, les marchés… sont pris d’assaut. L’heure est grave. Un nouvel affrontement semble inévitable.
L’implication des parrains internationaux du Gouvernement de Consensus (Union Européenne, Etats-Unis…)
Informées des risques énormes de la nouvelle grève qui menace l’équilibre géo-politique du pays voire de la sous-région qui porte encore les stigmates de plus d’une décennie de guerre, les chancelleries occidentales entrent en scène pour sauver la Guinée et l’Afrique de l’Ouest.
Devant la radicalisation des deux camps (présidentiel et syndical), les bailleurs de fonds du pays invitent au dialogue. La situation est grave. Les acquis du changement et le retour des institutions internationales sont menacés. C’est le nouvel Ambassadeur des Etats-Unis en Guinée qui se rend au quartier général des syndicalistes situé à Sandarvalia (Kaloum), pour dissuader l’Inter-Centrale d’aller en grève et de rejoindre la table des négociations. Le Gouvernement de Consensus en fera autant. Plusieurs Ministres sont ainsi envoyés à la Bourse de Travail pour convaincre les syndicats de privilégier le dialogue avec les institutions républicaines et les autres forces vives (les 4 Conseils de Coordinations du pays, le réseau des femmes, les ONG’s, société civile…).
Démocratie syndicale oblige, ceux qu’on appelle les quatre secrétaires généraux pour nommer les leaders des centrales syndicales CNTG, USTG élargie à l’ONSLG et à l’UDTG, en conclave avec leur base sont sous très forte pression des milliers de syndiqués qui ont pris d’assaut la Bourse de Travail. Sourds à toute sensibilisation et à tout appel à l’apaisement, surexcités et déterminés à déclencher la grève, majoritairement opposés au dialogue, l’appel de leurs responsables qui rapportent des propos des émissaires qui se succèdent à leur siège, évoquant les dangers socio-politico-économiques, ne passent pas. Ils s’en foutent éperdument et menacent même de renverser leurs leaders qu’ils soupçonnent de trahison.
Mais, ce que ces milliers de travailleurs ne savent pas, Lansana Conté a décidé de dissoudre le gouvernement, si l’Inter-Centrale déclenchait la grève et se résout à aller en guerre. Ainsi, dans la journée du 10 Janvier retenue pour la grève, le général président qui n’a pas porté de treillis depuis longtemps, remet sa tenue de combat. Stratégie de dissuasion ? Volonté réelle d’aller en guerre ?
Le dénouement de la crise
Le 9 Janvier, si nombreux sont les Guinéens qui estimaient que la grève était nécessaire pour faire plier à nouveau Lansana Conté, l’implication des forces vives du pays (syndicats, 4 conseils des coordinations régionales, comité chrétien de Guinée, les imams, les ONG’s et autres institutions républicaines) ainsi que de la mobilisation de la Communauté internationale ont conduit à la suspension de la grève. Mais, Lansana Conté appliquera t-il les accords tripartites tel que recommandé par le procès de négociation du 9 Janvier 2008 ? Wait and see !
La montée en puissance des syndicats, la faiblesse des Partis politiques et l’ambivalence de la Société civile
Pour l’opinion publique nationale voire internationale, les syndicats représentent désormais l’avant garde du combat pour le triomphe de la démocratie et de la liberté en Guinée. Le contrepoids du régime, souvent pris en flagrant délit des excès et des violations des droits de l’Homme. Au point de susciter la jalousie et la méfiance des partis politiques qui n’ont jamais réussi, et ce, depuis l’instauration du multipartisme dans le pays à secouer le pouvoir de Lansana Conté, causant au final la lassitude, la révolte, l’incompréhension, l’indignation… chez leurs militants de plus en plus démobilisés. Et leur implication maladroite dans la gestion de la crise pour contrer l’irrésistible influence des syndicats, en apportant leur soutien au PUP et au Président Conté, a fini par lever le doute sur l’inefficacité des Partis Politiques. Et comme l’a dit Jean Marie Doré : "l’opposition guinéenne est la plus bête d’Afrique.
Quant à la Société Civile, ses nombreuses déclarations empreintes d’ambiguïtés et de contradictions ont fini par édifier plus d’un citoyen qu’elle a perdu sa virginité, fondement de sa légitimité et de sa crédibilité.
De nos jours, face aux agitations stériles des partis politiques et à l’indécision de la société civile, l’unique force sociale organisée, soutenue par les populations et déterminée à mener le combat populaire jusqu’à la victoire finale demeure incontestablement : l’Inter-Centrale syndicale.
Le régime de Lansana Conté aurait-il survécu à un nouvel affrontement ?
Porté au pouvoir en faveur d’un coup d’état militaire en avril 1984, Lansana Conté est à la tête de la Guinée depuis près de 24 ans.
Malade depuis plusieurs années, piégé par le poids de l’âge et usé par le pouvoir, soutenu par un parti (PUP) et des clans devenus impopulaires dans le pays, l’enfant de Bouramaya (Dubréka) disposait-il encore des ressources nécessaires pour affronter les syndicats et les Guinéens ? Rien n’est moins sûr !
Toutefois, à l’analyse de la nouvelle donne qui prévaut dans le pays depuis le début d’année dernière, Lansana Conté entre les mains duquel le pouvoir était concentré durant plus de deux décennies, est aujourd’hui contraint de partager ses prérogatives présidentielles avec un Premier Ministre Chef du Gouvernement imposé par les accords tripartites dont il est co-signataire. A propos, un décret présidentiel accordant des attributions considérables ou d’énormes pouvoirs à cet autre chef de l’exécutif guinéen, a été dûment signé en février 2007 signé par le Chef de l’Etat.
Si selon les articles 6 et 7 des attributions accordées au Premier Ministre de Consensus : "Il nomme aux emplois civils et dirige l'Administration par délégation. Il veille au fonctionnement régulier des pouvoirs publics", les autorités administratives et locales du pays notamment les Gouverneurs, les Préfets… sont désormais placées sous la tutelle du Chef du Gouvernement.
C’est le lieu de rappeler que si cette cohabitation a été rendue possible, conduisant au bicéphalisme au sommet de l’Etat, à la cogestion du pays, au partage du pouvoir entre un Chef de l’Etat et un Chef du Gouvernement, c’est manifestement à cause de l’incapacité de la Loi fondamentale ou de l’absence des dispositions constitutionnelles à résoudre la crise provoquée en Janvier-Février 2007 d’où, les accords tripartites dont est issu le Premier Ministre et son Gouvernement.
Et c’est à juste titre, si lors de la récente crise socio-politique l’unanimité s’est dégagée quant aux appels adressés par des forces vives (syndicats, 4 conseils des coordinations régionales, comité chrétien de Guinée, les imams, les ONG’s…), à Lansana Conté de respecter les accords tripartites du 27 Janvier 2007.
Dans ce cas, des interrogations se posent : la Guinée vit-elle sous la Loi Fondamentale ? Les accords tripartites ? La coexistence de la Constitution et des Accords tripartites ? "A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles", dit-on.
Quant à l’armée considérée comme le dernier bastion du n° 1 guinéen, la frustration née du fameux bulletin rouge, un dossier qui dure depuis plus d’une décennie et qui reste à ce jour irrésolu, ne provoque pas d’enthousiasme dans les casernes où, cette affaire domine les débats entre soldats, reléguant au dernier plan tout autre sujet.
Coupé du soutien populaire, le général-président peut-il compter sur l’armée pour se maintenir ?
Ces derniers temps, on assiste en Guinée, chaque fois que l’armée menace de se mettre en branle ou se mutine à la satisfaction intégrale des revendications des soldats notamment : la distribution des grades, l’augmentation spectaculaire des soldes (50 à 70%), la destitution des généraux accusés de corruption… Depuis quelques jours, même si la nouvelle n’est pas encore officielle, le bulletin rouge (plus de 300 milliards de francs guinéens) étant considéré comme un dossier inexistant, des mesures financières pour contenter les troupes ont été prises. Elles consistent, si l’on en croit des sources bien informées proches de l’armée à donner un montant uniforme de deux (2) millions de FG par soldat, reparti comme suit : 1 million sur le salaire de Janvier et 1 million pour le mois de Février.
Ces efforts constants et incommensurables envers les militaires sont-ils à considérer comme un acte de solidarité corporative, de recherche de soutiens ou d’amélioration concrète des conditions de vie misérables des troupes ? Suffisent-ils à mobiliser une armée dominée par les clans où, les conflits de générations entre la vieille garde, généralement de la promotion du général Conté ou de la promotion intermédiaire, minoritaire, détentrice de tous les privilèges et de tous les pouvoirs et les dernières promotions constituant l’écrasante majorité, formées dans les académies militaires occidentales, ségréguées et étroitement surveillées ? Jugez-en !
Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, il y a, au regard de tout ce qui précède une incertitude socio-politique manifeste sur l’existence de ressorts solides et fiables, capables de porter le vieux Président. Et en Guinée, rien ne sera plus comme avant ou après le 10 Janvier 2007. Y a t-il des raisons d’en douter ?
GUINEE24
Guinée : Qui a peur de Lansana Kouyaté ?
Nommé le 26 Février 2007 à la primature, Lansana Kouyaté qui incarne aujourd’hui, par la nouvelle méthode de gestion du pays l’espoir de tout un peuple, une pratique politique fondée sur le pragmatisme, l’action, la cohésion de l’équipe gouvernementale, la discipline, la disponibilité, le volontarisme, des résultats palpables… qui rompt avec l’exercice médiocre du pouvoir, caractéristique des gouvernements successifs, ayant conduit l’une des nations au sous-sol parmi les plus riches du monde à la ruine et en Janvier-Février les Guinéens dans la rue, suscite admiration, jalousie et crainte. Mais, qui a donc peur de Lansana Kouyaté ? Et Pourquoi ?
Jamais, sauf à l’avenir, depuis l’avènement de la deuxième République un Premier Ministre, le Premier Chef du Gouvernement depuis la fondation de la République en 1958 n’a intéressé autant l’opinion publique nationale qu’internationale, focalisant l’attention du monde sur la Guinée.
Bien évidemment, si les événements douloureux de Janvier-Février en sont pour quelque chose, il n’en demeure pas moins que le Gouvernement de Lansana Kouyaté en est pour beaucoup.
Héritant d’un pays malade, agonisant, enfoui au sous-sol de la misère, de la pauvreté, de l’injustice, de la corruption…, sanctionné par la Communauté financière internationale pour cause de mal gouvernance, un pays qui manque de tout : eau, électricité (pourtant château d’eau de la l’Afrique de l’Ouest), soins de santé, emploi, nourriture, sécurité…, dominé par la corruption, l’impunité, l’hyper-inflation, la guerre de succession et des clans, la déchéance sociale…, la Guinée se relève peu à peu, et ce, depuis 7 mois ; sous la conduite éclairée de l’ancien Sous-secrétaire général des Nations-Unies pour parler de Lansana Kouyaté, patriote résolu et convaincu.
Homme de vision et d’action, cet ancien Secrétaire exécutif de la CEDEAO, rompu à la gestion rigoureuse des deniers publics, a réussi en si peu de temps, au regard du retard accumulé durant des décennies, de facto de nombreux défis à relever, à ramener la concorde sociale et la paix civile condition sine qua non de tout succès politique, grâce à la concertation et au dialogue avec les différents acteurs de la vie nationale. Y a t-il, dans l’exercice du pouvoir politique, une pratique plus démocratique et plus consensuelle ? Les syndicats, la société civile, les partis politiques, les institutions Républicaines… ne diront pas le contraire.
Dans un pays où, le fossé s’était grandement creusé entre une minorité détentrice du pouvoir et des immenses privilèges et une majorité laissée pour compte, de fil en aiguille, cette fracture sociale se referme, chaque citoyen trouvant son compte avec les nouvelles autorités du pays. D’où, l’adhésion populaire aux actions du gouvernement. Même si des progrès restent encore à réaliser, le défi étant immense, depuis plus d’un mois, les quartiers et les rues de la Capitale Conakry sont éclairés. En faveur de l’électrification rurale, l’intérieur du pays bénéficie peu à peu d’un retour progressif du courant. L’eau n’est pas en reste.
Dans cette vaste et délicate opération du retour à la vie normale dans le pays, à la restauration de l’autorité de l’Etat, des mesures vigoureuses ont été entreprises notamment les reformes des conventions minières, un secteur névralgique dans le développement socio-économique national.
Plus de 9000 chômeurs en quête de leur premier emploi ont été recrutés et seront financièrement pris en compte à partir de Janvier 2008. Au grand soulagement des bénéficiaires et de leur famille. C’est dans la même optique de lutte contre le chômage chronique des jeunes, qu’un recrutement national est lancé par la gendarmerie nationale dans tout le pays et qui débutera le 15 Octobre prochain.
Mais, une des actions les plus spectaculaires du Gouvernement de Lansana Kouyaté est la maîtrise de l’hyper-inflation, ennemie jurée du salaire des travailleurs et du pouvoir d'achat. Elle était à 40% en mars dernier. Aujourd’hui, elle oscille entre 13% et 15%. Selon les spécialiste de l’économie, c’est d’ailleurs l’une des raisons qui explique l’obtention par la Guinée du programme préliminaire avec le FMI. Sans oublier la suppression des exonérations préjudiciables au trésor public.
Que dire du casse-tête que représentait le pèlerinage à la Mecque pour les fidèles musulmans. De 16.500 000 de francs guinéens (seize millions et demi), le montant est à 12 millions de francs guinéens actuellement.
L’éducation qui constitue un des axes prioritaires de l’action gouvernementale a connu une qualification extraordinaire entre autres la lutte impitoyable contre la fraude, l’instauration du bac unique, la mobilisation des ressources humaines, financières et matérielles, bref la réorganisation du système éducatif national.
La guerre sans état d’âme contre l’insécurité, le grand banditisme, la criminalité… n’est pas en reste. Tous les services de police sont en alerte maximale. Les résultats de cette mobilisation des forces de sécurité, avec l’instauration de la prime aux brigades les plus efficaces, se matérialisent chaque jour par des arrestations des bandits de grand chemin qui ont longtemps terrorisé les paisibles populations. Le retour à la patrouille motorisée a été décidée à cet effet.
Transports ? Cet autre secteur clé dans la vie socio-économique du pays, est à –70 jours de l’arrivée des premiers 50 des 100 bus, en pleine mutation. Le transport aérien un autre calvaire pour les usagers guinéens, sortira bientôt le pays des tracasseries d’autres compagnies africaines et internationales avec la signature d’un accord au mois d’août passé à Tripoli entre la Libye et la Guinée. C’est le lieu également de signaler que déjà, un bateau, propriété de l’Etat guinéen, est désormais disponible pour les citoyens. Ce bateau battant pavillon guinéen relie depuis des semaines la Guinée à ses pays voisins notamment la Sierra-Leone, la Gambie, le Sénégal et le Liberia.
La chute vertigineuse des coûts de téléphone, la vulgarisation de la puce téléphonique dont le prix est désormais fixé à quinze mille (15000) francs guinéens alors qu'elle coûtait dans un passé récent entre 700.000 à 1.000.000 million de francs guinéens, le désenclavement communicationnel de Gaoual et d’autres villes de l’intérieur…, suffisent à se convaincre de la volonté politique inébranlable de Lansana Kouyaté et de ses Ministres dans le redressement du pays.
Au-delà de la Guinée, du soutien des syndicats, de la Société civile, de la jeunesse, des Institutions Républicaines, la Communauté internationale, pour saluer, appuyer et encourager les efforts louables de Lansana Kouyaté et de son équipe, le FMI, la Banque Mondiale, l’Union Européenne, le FIDA, la CEDEAO, l’UNICEF, l’OMS, le PNUD, la France, les Etats-Unis, l’Allemagne, la Chine, l'Inde… ne ménagent aucune peine pour apporter l’aide financière et matérielle nécessaire pour la réussite de la mission du gouvernement de consensus.
Cette mobilisation nationale, africaine et internationale justifiée autour de l’homme porté au devant de la scène politique par des mouvements populaires du début d’année, n’explique t-elle pas à elle seule, malgré des résultats satisfaisants réalisés en un laps de temps, toute la jalousie mêlée d’une certaine animosité de la classe politique qu’elle soit de la mouvance ou de l’opposition ? Qui a donc peur de Lansana Kouyaté ?
Opposition guinéenne
"Si Lansana Kouyaté réussi sa mission, l’opposition guinéenne est foutue", révèle à ses proches un leader de l’opposition.
A elle seule, cette phrase ne suffit-elle pas à expliquer la crainte, la peur de tous les leaders politiques guinéens ?
Certes, de nombreux défis restent à accomplir. Le poids de l’héritage oblige ! Mais, l’exigence de certains leaders politiques qui frisent le sabotage contre les actions du Gouvernement, trouve leur explication dans cette peur de l’avenir. Du succès de Lansana Kouyaté, susceptible de compromettre leur carrière politique (une mort politique assurée). Le rêve de toute une vie, le peuple, jugeant les hommes politiques à l’acte plutôt qu’à se référer aux réflexes ethniques, régionalistes et tribaux sur lesquels leurs partis sont flanqués.
Les dauphins officiels et officieux de Lansana Conté
A l’image des leaders d’opposition, ils considèrent l’ancien Représentant de la Francophonie en Côte d’Ivoire comme une menace. Un danger. Un larron qui surgit brusquement, à la veille d’une fin de règne pour leur ravir "leur dû": le pouvoir. Ce qui explique la mobilisation du peu qui reste de la mouvance présidentielle en pleine débandade, conseillant à Lansana Conté qui a déjà annoncé son retrait de la vie politique guinéenne en décembre 2010 de ne pas signer les décrets de restructuration du Gouvernement. C’est le blocage, et cela, dans le désintérêt de la Nation guinéenne. Quel cynisme politique !
Ils poussent la cruauté jusqu’à mobiliser d’énormes sommes d'argent, des millions de francs guinéens payés aux loubards pour saboter la rencontre de la Jeunesse à Dalaba. Objectif : Récupérer les organisations de Jeunesse pour des fins de déstabilisation, de manipulation et d’instrumentalisation contre le Gouvernement de consensus. Le foisonnement des associations de Jeunesse à travers tout le pays atteste cette triste réalité qui n’échappe à personne en Guinée.
Les anciens caciques du régime
Des douloureux événements de Janvier-Février à ce jour, ils n’arrivent toujours pas à digérer leur limogeage pourtant bien justifié. Leur éviction de la conduite des affaires de l’Etat qui a coûté la vie à plusieurs centaines de leurs concitoyens. Huit mois après, comme s’ils étaient frappés d’amnésie, ils font tout, tout ce qui est possible pour revenir aux commandes d’un pays qui porte encore les stigmates de leur irresponsabilité collective. Quelle attitude méprisante à l’endroit des victimes du carnage des mouvements populaires et de l’opinion publique!
Comble de foutaise et d’arrogance, ces cadres véreux et autres bandits au col blanc qui, comme spontanément illuminés par le Saint esprit, qui ne regrettent rien de leurs actes en créant une association de malfaiteurs dénommée "Guinée Solidarité" pour se moquer des Guinéens et déstabiliser le nouveau pouvoir, et qui s’activent aujourd’hui pour bafouer le Gouvernement du peuple guinéen, imposé au prix du sang, faute de poursuite judiciaire, devraient se retrouver en prison pour les crimes économiques et de sang commis à l’endroit des citoyens du pays. En ce sens, le lancement des audits et la création de la Commission nationale d’enquête par le Premier Ministre, Lansana Kouyaté sont salutaires.
Accusés de tous les noms par ceux qui redoutent l’Homme et son équipe, l’attitude de force tranquille et imperturbable observée par le Premier Ministre et son Gouvernement, fait autant peur que leurs résultats sur le terrain.
"Partout où, il y a la volonté, il y a la voie du salut", écrit Edem Kodjo, ancien Premier Ministre du Togo, dans son ouvrage intitulé "Et demain l'Afrique!"
En tout état de cause, contre les ennemis du changement et leurs officines réfugiées dans les médias bien identifiés, les milieux d’affaires et du commerce bien connus, dans la haute administration..., avec la Guinée et pour la Guinée, ce Gouvernement de consensus dirigé par Lansana Kouyaté, réussira. C’est un engagement qu’il a pris. Une mission qui lui est confiée par les forces vives et la Nation tout entière. Et il l’accomplira.
PMD, Fondateur de Guinee24
Editorial: Lansana Conté-Les Syndicats et les Accords Tripartites
Il y a cinq mois, les caisses de l’Etat étaient vides. Des fonds publics dilapidés et voués au détournement, à l’enrichissement personnel et à la guerre de succession par l’ancienne équipe qui, après avoir tourné le dos à la gestion de la République, et ce, malgré l’absence totale de résultats au bénéfice du pays, se considérait dans les bonnes grâces de Lansana Conté de facto indéboulonnable.
Conséquences : une déchéance sociale générale caractérisée par la misère des travailleurs, l’aggravation de la galère des millions de sans emplois, la perte du pouvoir d’achat pour la minorité qui travaille...
Cette précarité explicative de la gabegie doublée d’impunité érigée en mode de gouvernement, le tout couronnée par une hyper-inflation de 40% voire plus et d’une dévaluation sans précédent du franc local par rapport aux devises étrangères; ont rendu infernale la vie quotidienne du guinéen, les prix des produits de première nécessité étant inabordables. C’est le chaos ! Le riz, principale denrée nationale équivalent au salaire mensuel de la majorité des fonctionnaires 120000, 130000, 140000 FG.
En Janvier-Février, à l’unisson, dans les quatre (4) régions naturelles du pays, comble de la souffrance et des malheurs, pour manifester son ras-le-bol et réclamer sa soif du changement, le peuple se met en mouvement contre les abus du règne du général Lansana Conté.
Eugène Camara est démis de ses fonctions quelques semaines après son arrivée à la primature. Le Président guinéen perd la bataille, lui qui se targue de n’avoir jamais perdu la guerre.
Le 26 Février 2007, après 45 jours de manifestations populaires, sur une liste de quatre personnes, Lansana Kouyaté, Représentant de la Francophonie en Côte d’Ivoire est choisi comme le nouveau Premier Ministre, Chef du Gouvernement.
Quatre mois après la nomination du Gouvernement, la tâche reste encore immense, malgré de nombreuses œuvres accomplies en si peu de temps, tant l’héritage légué par les gouvernements successifs semblent être un fardeau pesant.
Devant ces innombrables défis, avec peu ou sans moyens, dans un pays en crise et un Etat en déliquescence, la reconstruction nationale se fait au prix des sacrifices énormes et partagés entre le pouvoir et les citoyens pour de lendemains meilleurs pour tous.
En effet, s’il convient de noter que la résolution des problèmes qui se sont accumulés plusieurs décennies durant ne se fera pas du jour au lendemain, avec une baguette magique, c’est le lieu de rappeler qu’aujourd’hui, la maîtrise continue de l’hyper-inflation, la baisse relative des prix à la consommation, la résolution de l’épineux problème de riz au prix fixé à 80000 FG, le retour effectif de la Communauté des bailleurs de fonds avec le déblocage des enveloppes financières importantes pour le financement du programme d’urgence du Gouvernement et du développement du pays, l’établissement du dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition ; le lancement de vastes reformes dans les secteurs de la Justice, de l’Armée, de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, des mines, de l’énergie… sont à saluer et à encourager. Même si, quelques dérapages liés à la nature humaine, à l’existence de vieilles pratiques du régime contéen ou à la manifestation d’animosité des anciens barons du pouvoir qui se battent comme des diables pour revenir aux affaires; sont à dénoncer ici.
La réminiscence du passé récent du pouvoir qui a jeté des millions de Guinéens dans les rues, à travers la rébellion de Mouctar Brada Dramé, ancien Préfet de Dubrékacontre l'autorité, de la lenteur dans les exécutions des dossiers brûlants et urgents du Gouvernement qui nécessitent le décret présidentiel par le refus de Lansana Conté de signer les documents à lui proposés par le Premier Ministre, créant un retard préjudiciable aux intérêts du pays et au fonctionnement de l’Etat, de l’Administration et des Institutions de la République; sont des signes qui ne trompent pas.
Que faut-il faire ?
A cette question, si les avis sont divers et se justifient les uns que les autres, la réalité est que les syndicats et autres négociateurs n’ont pas achevé le travail amorcé, permettant au gouvernement actuel d’aller un peu plus vite dans la réalisation de sa mission, le Premier Ministre étant encore juridiquement impotent dans les nominations aux emplois civils telles que prévues par les accords.
De ce point de vue, cette violation flagrante des accords tripartites incombe essentiellement à tous les signataires dudit protocole.
Faut-il continuer à attendre ?
En Mai dernier, à la suite de la nomination du Gouverneur et du Vice-Gouverneur, l’Inter-Centrale syndicale avait adressé une lettre au Président Lansana Conté l’invitant à prendre rapidement un décret donnant l’autorité nécessaire au Premier Ministre, conformément aux accords tripartites pour la nomination aux emplois civils. A ce jour, arrogance ou négligence, aucune suite n’a été réservée à la missive syndicale.
Comme si de rien était, le locataire de Sèkhutureya, malade et amnésique ne se souvient pas des mois de Janvier et Février qui ont ébranlé son pouvoir, défiant, faute de rappel musclé de la part des garants moraux des accords tripartites que sont les syndicats et la Société civile, l’obligation qui lui est faite de respecter scrupuleusement l’esprit du protocole d’accords et de la feuille de mission qu’il a lui même confiée au Premier Ministre.
Une nouvelle grève est-elle nécessaire pour rappeler Lansana Conté à l’ordre et à la discipline ? Qui a dit qu’il ne faut jamais vendre la peau de l’ours sans l’avoir tué ?
Paul Moussa DIAWARA, Fondateur de guinee24.com


