Laye Junior Condé à GUINEE24 : Les vérités du Président du PNDD



Laye Junior Condé n’est plus à présenter. C’est le bouillant et dynamique Président du Parti National pour la Démocratie et le Développement. Connu pour son franc-parler, il figure parmi les jeunes les plus en vue de la nouvelle génération des leaders politiques guinéens qui prônent la rupture générationnelle.

Se prononçant sur les derniers développements de sortie de crise politique guinéenne : formation du gouvernement Doré, la mise en place du CNT et sur la perspective de l’élection présidentielle dans six mois ou moins, L aye Junior Condé, jeune leader charismatique, communicateur et grand analyste de la situation sociopolitique guinéenne estime: "C’est tout sauf un gouvernement d’union nationale et de transition. La classe politique guinéenne à l’heure actuelle est composée de 3 entités que sont: L’ANR regroupant 33 partis politiques, le Forum des forces vives et le Bloc des forces patriotiques. Après que le forum des forces vives ait choisi le premier ministre pour diriger la transition, il s’est ensuite accaparé, en violation flagrante du discours du 6 janvier du président de la république par intérim et président de la transition le général Sékouba Konaté et de l’accord politique de Ouaga, de la quasi-totalité des portefeuilles ministériels. L’ANR a toute fois obtenu un strapontin mais le Bloc des forces patriotiques par contre, à ma connaissance n’a rien obtenu. Pour l’intérêt supérieur de la république, pour une bonne transition, nous en appelons à l’arbitrage du président de la transition. Plus qu’un appel, c’est une supplication. Face aux velléités d’exclusion qui se dessinent, il devra veiller au grain dans la mesure où tous les ingrédients sont en ce moment réunis pour saboter la transition dont nous savons qu’il attache une importance capitale. C’est l’exclusion telle que pratiquée en ce moment par certains politiciens aux abois qui est souvent la cause principale des crises et des conflits dans nos pays. Nous le savons homme de principe et d’équité mais nous craignons que certains acteurs politiques peu représentatifs du peuple de Guinée aidés de leur 5eme colonne qui gravitent autour de la sphère du pouvoir en foulant au l’esprit du 23 décembre ne déroute à d’autres fins le chemin de la transition. En sa qualité de garant d’une bonne transition, le Pndd le prie instamment de prendre ses responsabilités en rappelant à l’ordre tous ceux qui tenteront au sein de la classe politique de détourner de leur objectif par l’exclusion des autres entités politiques cette transition. Surtout que nous entendons dire que les mêmes s’apprêtent à léser l’ANR, le Bloc des Forces patriotiques avec la bénédiction de la toute nouvelle présidente syndicaliste du CNT issue de leur rang. A ce propos, au Pndd, jamais nous n’avons cru un seul instant à son aptitude à présider le CNT. Nous ne sommes pas les seuls à le penser, du reste. C’est pourquoi ceux qui ont eu à élaborer l’accord politique de Ouaga ont été inspirés certainement par la morale et l’éthique en pensant à un religieux comme cela a dû se passer dans tous les pays, en Afrique, qui ont voulu réellement changer. Mais en Guinée, on veut tout et son contraire à la fois. D’où notre scepticisme quant à la réussite de la transition".

Intègre, sérieux et fidèle dans ses relations, ce grand communicateur de formation, sorti des universités françaises, déteste la langue de bois, lorsqu'il affirme: "Nous assumons devant l’éternel, devant les hommes avec fierté notre appartenance à l’esprit du Cndd du 23 décembre 2008. Un idéal partagé par tous les déçus du Conteïsme notamment, la jeunesse de Guinée qui se reconnait en notre programme de rupture d’avec un passé qu’elle a eu à payer le lourd tribut. Dieu merci puisque sur l’ensemble du territoire national nous enregistrons des adhésions massives avec fermes convictions de sa part. C’est pour cette raison, que nous sommes encouragés à poursuivre le combat que nous savons qu’il ne sera pas une partie de plaisir".

Homme de terrain, éloquent, brillant analyste et leader politique, le patron du PNDD met les pieds dans le plat: "Comment comprendre après deux décennies de frustration de cette jeunesse, de gabegie, de tripatouillage électoral, de dictature, à un tournant décisif pour la Guinée que le Groupe de contact international en rapport avec certains acteurs politiques guinéens recommande que le toilettage limité de la constitution obsolète, rétrograde qui n’obéit plus aux réalités sociologiques de notre pays. C’est une néo colonisation sans autre qualitatif. Au Pndd, la renaissance de la génération de l’indépendance, nous nous élévons contre cette imposture en disant que nous voulons changer la constitution pour l’adapter à l’évolution du pays. Nous voulons un président, à commencer par ma modeste personne que le peuple de Guinée qui, j’en suis sûr, confiera son destin dans quelques mois, qui aura des pouvoirs limités et qui n’aura plus la possibilité de semer la désolation et le désarroi dans les familles guinéennes. En clair, les graves décisions relatives au maintien de l’ordre, du contrat des mines et autres actions devront avoir désormais l’aval des élus du peuple. Une assemblée bicamérale (Parlement et Sénat). Avec un premier ministre qui lui rendra des comptes et non plus à un monarque constitutionnel, un oligarque ou autre dictateur à vie. Cela est notre programme de société en plus de l’exigence de la jeunesse de choisir par voie d’élections ses représentants depuis les quartiers pour ainsi décider de son organisation (chef de quartiers, de districts élus). Nous ne pouvons plus accepter en 2010 de flétrir les dérives autoritaires des présidents de la république en y demeurant jusqu’à la fin de leur vie au pouvoir ainsi que de tous les autres détenteurs de la puissance publique en même temps, se refuser de les verrouiller dans leurs dérives par les artifices constitutionnels. C’est l’occasion propice avec la transition en cours dont nous comptons nous en saisir. Pas après. Soutenir le contraire n’est que duperie politique. Seulement, personne ne peut plus tromper les Guinéens. Peu importe l’élu. Pourvu que désormais, il ne soit plus tenter d’abuser du pouvoir. Et, seule la constitution l’en dissuadera".

Pour Laye Junior Condé: "Personne ne refuse d’aller à l’élection dans maintenant cinq mois ou moins. Mais le CNT qui n’a d’autres missions que la mise sur pied de la Loi Fondamentale a suffisamment de temps pour offrir aux Guinéens une constitution où il ferait bon vivre. Les constitutions, en une semaine on en fait. Même par les étudiants en première année de droit constitutionnel. Il suffit qu’il y ait la bonne volonté. La Ceni également doit faire également sa cure de jouvence".

"Dans tous les cas, s’il arrivait que nos vues ne soient pas prises en compte, le Pndd, d’ores et déjà, ne reconnaitra en aucune manière un président élu dans les conditions actuelles que certains, pour des raisons connues de tous et de chacun, ne souhaitent pas voir changer", déclare le leader du PNDD.

Et de conclure sans ambages: "Ca serait pour le Pndd, en lieu et place du président élu de la république (indépendante et souveraine depuis le 2 octobre 1958) de la Guinée, qu’un Commis expéditionnaire au service des groupements d’intérêts et d’une certaine communauté internationale avec pour objectif d’agenouiller d’avantage le peuple".

Jean Leforestier, guinee24.com, Conakry

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