Retour en force d’Elhadj Aboubacar Somparé et du PUP : "on ne peut pas confier la destinée d’un pays comme ça là, à des aventuriers de la politique", dixit l’ex Président de l’assemblée Nationale de Guinée
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Samedi 06 mars, au siège de l’ex parti présidentiel, une grande mobilisation a eu lieu, rencontre à laquelle ont pris part plusieurs anciens dignitaires (Ministres, préfets, gouverneurs…) du régime défunt pour citer Elhadj Aboubacar Somparé, Fodé Bangoura, ancien tout puissant Ministre d’état aux affaires présidentielles, Alpha Ousmane Diallo, Cheick Amadou Camara, Elhadj Moussa Solano, Chantal Colle, Dr Sekou Konaté….
"Je crois que vous, tous réunis ici, vous imaginez facilement que je ne peux pas rater une occasion pareille, sans dire les raisons de mon retrait et de mon silence… Chacun de nous a suivi les turbulences et les troubles de 2006 jusqu’à 2008. En décembre 2008, il y a eu un coup d’Etat, suite au décès du président. Mais avant cela, les syndicalistes et les partis politiques ont demandé au président de l’Assemblée nationale de proclamer la vacance du pouvoir. Dans le cadre d’une démocratie et d’un Etat de droit, on marche selon la loi, la loi est au dessus de tout. Quand on dit coup d’Etat, c’est la prise du pouvoir en dehors de ce que la constitution prévoit comme moyen", a dit Elhadj Aboubacar Somparé
Et l’ex Président de l’Assemblée Nationale de Guinée de rappeler son attachement à l’esprit des lois en ces termes : "Alors, la vacance du pouvoir, l’article 34 le règle. Le président de l’Assemblée, en cas d’empêchement définitif du chef de l’Etat constate l’empêchement du président et saisit le président de la Cour Suprême. C’est à ce dernier de constater la vacance de l’Etat. Le législateur l’a fait volontairement pour éviter un coup d’Etat civil. Il y a un coup d’Etat militaire, comme il y a un coup d’Etat civil. Le coup d’Etat civil, c’est quand on prend le pouvoir sans passer par les procédures prévues par la constitution. Je n’ai pas voulu le faire, parce que ce n’est pas la règle".
"En décembre 2008, le président Lansana Conté s’est éteint, l’armée a pris le pouvoir. Mais ce qui m’a le plus surpris, les partis politiques qui luttent pour l’instauration de la démocratie et de l’Etat de droit, ont été les premiers à applaudir les putschistes. Cela veut dire que leur lutte n’est pas en réalité sincère. Ils ne connaissent pas les principes, ils ont personnalisé le problème. Ils ont pensé lutter contre Somparé, en rejetant la loi et les procédures de la constitution, même le PUP a eu peur de soutenir Somparé. Alors ceci dit, quand je constate cela pour mon pays, je suis malheureux", martèle t-il
Et de conclure : "La Guinée est un grand pays. La Guinée a fait partie de tous les courants de l’histoire régionale. Le Royaume Sosso des Djallonkés, la Guinée était concernée. Le royaume des Sarakollés de la dynastie des Cissé, la Guinée était concernée. L’Empire du Mali, la Guinée était concernée. Le Royaume Songhaï, la Guinée était concernée. A la lutte contre la pénétration coloniale, Samory Touré s’est illustré comme étant l’un des meilleurs. Pour l’indépendance, Ahmed Sékou Touré. La Guinée constitue un grand pays, on ne peut pas confier la destinée d’un pays comme ça là, à des aventuriers de la politique.... Je suis convaincu que si les prochaines élections se passent dans les conditions transparentes, le PUP gagnera".
Jean Leforetier, guinee24.com, Conakry
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