Guinée: Conférence de presse du Chargé de la communication de la CENI ou les errements discursifs de Thierno Saïdou Bayo



Hier mardi, le chargé de la Communication de la CENI, a fait une conférence de presse au cours de laquelle il a annoncé la tenue pour le 14 août du second tour des élections présidentielles.



Thierno Saïdou Bayo a annoncé pour l’essentiel que "la date du 14 pour le 2e tour des élections a été proposé aux deux partis. Un candidat a dit oui, l’autre a dit qu’il va consulter sa base". En réalité le candidat qui a dit oui, c’est l’UFDG, celui qui a dit non c’est le RPG.

Ce que Thierno Saïdou Baya n’a pas dit, c’est que suite au 1er tour, la CENI a écrit aux candidats de poser leurs problèmes et qu’en tant que structure technique officielle, elle allait les résoudre avant le 2e tour. (confer un de nos articles où nous avons publié cette lettre-réponse très polie de la CENI).

Mieux, Thierno Saïdou va plus loin. "Si l’autre partie n’est pas d’accord, on prend une décision car c’est la CENI qui est responsable de la tenue des élections".

Or, il se trouve qu’à ce jour, aucune des corrections proposées par le RPG dans un mémorandum envoyé à la CENI dès après la proclamation des résultats n’a été prise en compte à ce jour. En l’occurrence celle liée à l’augmentation du nombre de bureaux de vote en Haute Guinée, notre fief, afin d’éviter que les gens n’aient pas à faire 20 à 40 km pour aller voter où même qu’ils en soient carrément empêchés quand le bureau de vote est déplacé pour 70 km à 100 km.

En effet, à la veille de ses élections du 27 juin, curieusement, en Haute Guinée particulièrement, non seulement beaucoup de bureaux de vote ont été supprimés, mais assez ont été éloignés des votants, et renvoyés à des distances absolument impraticables pour un piéton.

Et c’est à juste titre que le 1er tour n’aura enregistré que 52 % sur toute l’étendue du territoire national.

Ainsi, malgré tous les reproches qui les ont été faits au 1er tour par la communauté nationale et internationale et tous les engagements qu’elle a pris, la main sur le palpitant, notre fameuse CENI ne veut rien entendre. Alors qu’elle n’a absolument réglé aucune de nos revendications, elle nous précipite encore une fois, vers un deuxième tour incertain et dangereux pour la Nation.

Obnubilés sans doute par les faramineuses sommes qui les tombent dessus comme une manne céleste, grâce à l’oligarchie financière de l’UFDG, ils veulent mettre le feu au pays en organisant le 2e tour des élections dans les mêmes conditions que le 1er tour.

L’avantage recherché est que le système de fraude mis en place au 1er tour est encore en place et se trouve encore bien fonctionnel. Si les choses se passaient maintenant c’est bon.

"On refuse d’aller à l’abattoir de la CENI comme des moutons", assure un haut responsable du RPG.

Et c’est là que le Gouvernement, le Premier ministre et le Président de la République doivent intervenir. Les enjeux sont trop grands pour accepter que des gens immatures les vident de leur contenu.

Si le General Sékouba Konate veut effectivement entrer dans l’histoire, il doit se mêler à ce tango que l’UFDG veut danser seule….pendant qu’il est temps.

Kaïmba Condé