De Rabat à Madagascar, comment Mohammed VI étend l’influence du Maroc sur tout le continent africain

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Rwanda, Tanzanie, Sénégal, Éthiopie, Madagascar, et bientôt Nigeria et Zambie. Jamais Mohammed VI ne s’était autant investi (et déplacé) dans le continent qu’en cette fin de 2016. En filigrane, le grand retour du royaume au sein des instances panafricaines, fin janvier 2017.

«Je connais l’Afrique et ses cultures mieux que peuvent le prétendre beaucoup d’autres. De par mes multiples visites, je connais aussi la réalité du terrain, et l’affirme en mesurant mes mots », rappelait, dans un message historique, le roi du Maroc Mohammed VI aux chefs d’État qui participaient au sommet de l’Union africaine (UA) en juillet à Kigali, la capitale rwandaise.

En Afrique du Nord, aucun leader ne saurait contester cette déclaration, pas même le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui est de tous les événements et multiplie les opérations de séduction depuis son accession au pouvoir en 2014.

Car, à 53 ans, le souverain chérifien est désormais un habitué du continent?: « Son initiation à l’Afrique subsaharienne date de l’époque où il était prince héritier. Dès les années 1980, son père l’y envoyait en émissaire à l’époque délicate où l’Organisation de l’unité africaine [OUA] a reconnu le pseudo-État [sahraoui] et qu’en conséquence le Maroc s’en est retiré, le 12 novembre 1984 », confie un vétéran de la diplomatie chérifienne.

Retour en UA

L’annonce de Kigali, affirmant la volonté du Maroc de revenir dans le giron de l’institution panafricaine, signifiait l’aboutissement d’un périple au long cours. L’engagement personnel du prince, devenu roi en 1999, et l’avènement de régimes « moins idéologiques », selon les termes de notre diplomate, ont amené les États membres à accomplir eux-mêmes un long parcours politique?: quand plus de trente pays sur cinquante reconnaissaient la République arabe sahraouie démocratique (RASD) dans les années 1980, vingt-huit membres de l’Union africaine (UA) sur cinquante-quatre ont, à la suite du communiqué envoyé en juillet 2016, signé une motion appelant à sa suspension.

Tisser des alliances

Mais si le souverain pouvait mettre en avant son expérience du sous-continent dans la lettre transmise à l’UA, le Rwanda comme les autres pays d’Afrique orientale et d’Afrique australe restaient terra incognita. Des territoires « hors de la zone de confiance et de confort » de Rabat, analyse-t?on dans la terminologie locale, c’est?à-dire hors de cette région ouest et centrale située dans le prolongement géographique du Maroc, liée par la francophonie, la culture islamique et une longue histoire commune.

Pour sa septième tournée africaine depuis 2004, le roi a donc choisi de partir à la conquête de l’Est, notamment vers le Rwanda et la Tanzanie, avant un retour – via le Gabon et le Sénégal – au Maroc, où se tenait à partir du 7 novembre la 22e Conférence des parties (Conference of the Parties, COP22) des Nations unies sur le changement climatique. Une pause très panafricaine également, le monarque ayant tenu à organiser une réunion des chefs d’État du continent avant de reprendre sa tournée orientale vers l’Éthiopie et Madagascar, où il a participé au sommet de la Francophonie des 26 et 27 novembre. « D’autres pays devraient suivre d’ici à la fin de 2016 », confie son entourage, citant la Zambie et le Nigeria.

Avec JA

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