Démantèlement d'un réseau de trafiquants d’armes à Conakry ayant déjà vendu 2 000 armes de guerre

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Les agents du Secrétariat général à la présidence chargé des Services spéciaux de la lutte contre la drogue, le crime organisé et l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF) ont réussi un coup de filet en démantelant un réseau de trafiquants d’armes de guerre à Conakry.

 

Le présumé cerveau de ce réseau et des échantillons d’armes ont été présentés à la presse ce jeudi  par la Brigade de lutte contre la drogue et le crime organisé.

 

Dans ses explications, le  Commissaire Soropogui Foromo chargé de l’enquête précise : « il y a deux ans que nous avons entamé des enquêtes    pour démanteler ce réseau de trafic d’armes. C'est-à-dire la commercialisation, le port illicite et le transfert illicite d’armes. Mais, c’est la semaine dernière que, nous avons eu la chance de mettre main sur le cerveau de ce trafic. Ces armes que vous voyez ici ont été saisies dans la main des particuliers qui les revendaient avec délivrance de reçus  de ventes. Il y a déjà plus de 2 000 armes vendues par ces personnes et ce sont des armes considérées comme armes de guerre. Ce ne sont pas des armes ordinaires qu’on trouve dans les villages avec des vieillards, munis d’autorisations de port d’armes. Elles sont très dangereuses, c’est loin d’être des armes de chasses.  Ce sont des fusils à pompes de 5 et 8 coups.

Selon lui ce trafic d’armes est la première cause de l’insécurité dans le pays. «Si vous constatez les braquages, les coupeurs de routes, le développement de la criminalité  au sein de  nos préfectures, dans la capitale, c’est parce que, les gens de façons illicite, vendent des armes. Et voilà les preuves aujourd’hui, les munitions également. Alors que l’importation, la commercialisation, la détention ou la fabrication de ces munitions et le port d’armes sont réglementés par la loi. Même pour le port d’armes, il faut avoir un permis. Mais les gens poussés par l’envie de s’enrichir illicitement se mettent à vendre les armes compromettant ainsi la sécurité nationale. Nous ne sommes pas en sécurité, plus de 2 000 armes vendues par cette personne. Bien sûr nous sommes rassurés qu’il y a d’autres personnes. Vous voyez déjà, combien de fois le pays est en insécurité ? » 

 De son côté Salimou Fofana, le présumé cerveau de ce trafic, reconnait vendre illégalement les armes à Conakry depuis plus de cinq ans, mais qu’il  ignore l’importateur. Selon lui, il s’approvisionne à Madina avec d’autres personnes.  

« On n’importe pas les armes on les achète à Madina avec d’autres vendeurs comme Mamadou Baldé, Moussa, et Dian. On ne connait pas l’importateur.  Si par exemple il y’ a une personne qui exprime un besoin comme les patrons qui veulent se protéger ou les chasseurs,  on demande à nos fournisseurs, ils nous donnent et puis nous, nous revendons. On recycle aussi d’anciennes armes et on revend. On n’a pas de documents qui nous autorisent à faire ce trafic. On revend certaines à 13 millions 500 milles, 12 millions jusqu’à 14 millions. On travaille en réseau et on délivre des reçus et des permis de port pour nos clients ».  

Le Colonel Moussa  Thiegboro  annonce que des dispositions sont déjà prises pour récupérer les armes qui sont en circulations dans le pays. Pour réussir cette mission, il  souhaite vivement la franche collaboration de tout un chacun, particulièrement de la justice pour mettre fin à ce trafic.

« J’estime qu’on ne va pas encore nous retrouver face à l’association des avocats pour venir défendre ce délinquant. C’est un contrebandier qui a été arrêté en flagrant délit des faits. Et c’est 2 000 personnes vivant en Guinée qu’ils soient guinéens, libanais, chinois et autres qui ont acheté ces armes. Ce qui signifie qu’on est en danger. Donc je lance un appel pressant à toutes ses personnes qui ont reçu ses armes de venir les déposer chez nous individuellement dans les 48 ou 72 heures qui suivent. Déjà on a les identités donc on les prie de nous les ramener. La question qui reste posée, c’est comment ces armes sont arrivées en Guinée ? Donc, je demande à tous les services, à toutes les bonnes volontés de nous fournir des informations, s’ils en ont ».

 B N' Famoussa Y

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