France: une enquête ouverte suite à la disparition du président d'Interpol

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Une enquête pour disparition a été ouverte en France concernant Meng Hongwei, le président chinois de l'organisation internationale Interpol, basée à Lyon. Sa famille n'a plus de nouvelles depuis son départ vers la Chine fin septembre, a-t-on appris ce vendredi 5 octobre, et selon un quotidien Hong-Kongais, il aurait été « emmené » par les autorités chinoises pour répondre à des questions.

Son épouse a signalé sa disparition aux autorités françaises en faisant part de son inquiétude, a expliqué une source proche du dossier, confirmant une information de la radio Europe 1.

« Il n'a pas disparu en France », a souligné cette source. Mais l'enquête a été ouverte à Lyon, siège mondial de l'organisation internationale de coopération policière.

Un quotidien de Hong Kong affirme qu'il serait détenu par les autorités chinoises

Avant d'être élu fin 2016 à la tête d'Interpol, en remplacement de la Française Mireille Ballestrazzi, Meng Hongwei exerçait en Chine comme vice-ministre de la Sécurité publique. C'était un poids lourd du Parti communiste chinois.

Selon Europe 1, son épouse est installée à Lyon avec les enfants du couple. Elle a été entendue par la police judiciaire. Meng Hongwei a quitté la France le 29 septembre dernier.

Selon le quotidien Hong-Kongais South China Morning Post, qui cite une source non identifiée, Meng Hongwei aurait été pris en charge par les autorités chinoises. Le quotidien affirme qu’il aurait été « emmené » pour répondre à des questions des autorités « dès son atterrissage en Chine » la semaine dernière, pour des motifs encore flous.

Pression sur des membres de la diaspora chinoise

Ce n'est pas la première fois qu'une personnalité de la diaspora chinoise disparait brutalement. En 2017, l'un des magnats de la diaspora d'Aubervilliers avait été retenu plusieurs semaines en Chine avant d'être relâché très amaigri, rappelle le journal Le Monde.

Les autorités chinoises sont soupçonnées d’utiliser cette méthode de rétention, pour obtenir des informations dans leur lutte contre la corruption. Ce qui a généralement de lourdes conséquences sur les carrières des personnes ciblées.

Des ONGs avaient critiqué la nomination de Meng Hongwei

Cette première nomination d'un Chinois à la t^été d'Interpol avait été critiquée par des organisations de défense des droits de l'homme, la Chine menant alors une campagne de rapatriement d'escrocs et de fraudeurs présumés. Elle était parfois accusée de servir ses intérêts politiques.

La Chine a longtemps utilisé Interpol « pour arrêter des dissidents et des réfugiés à l'étranger », s'était inquiétée l’ONG Amnesty international. Interpol avait répondu en relevant notamment que l'article 3 de ses statuts lui interdisait toute ingérence en matière politique.

Avec RFI

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