Guinée : La date du 22 novembre 1970 commémorée
L’ONG « plus jamais d’agression contre la Guinée » a commémoré ce mardi 22 novembre 2016, au palais du peuple, le 46ème anniversaire de l’agression de la Guinée par les portugais le 22 novembre 1970. La cérémonie a mobilisé les militants du PDG-RDA, les chercheurs et la famille de feu Ahmed Sékou Touré, tous venus témoigner ce qu’ils ont vécu le jour même l’agression.
Selon El hadj Sidiki Kobélé Keita, enseignant chercheur « l’agression du 22 novembre 1970, qui reçut le nom codifié de l’opération Mar Verde (mer verte) n’a été ni une opération virtuelle ni une opération spontanée, mais le point nodal de toutes les actions de déstabilisation montées contre la Guinée, entre 1958 et 1970. Apparemment bien préparée, elle devait constituer la solution finale pour la première République. Mais elle fut un fiasco dont certaines conséquences désastreuses sous-tendent encore l’attitude de certains guinéens ».
A ce jour du 22 novembre 1970, à partir d’une heure du matin, la ville de Conakry se réveille sous un déluge de feu, attaquée sur les principaux côtés : petit bateau, camp Boiro, centrale électrique, camp Almamy Samory Touré, port de belle-vue, port de Gbessia, etc. Car chaque groupe d’assaillants s’attaqua à des cibles préalablement déterminées.
L’attaque fut marquée par le débarquement à Conakry d’un contingent de 400 mercenaires dont 200 commandos et fusiliers marins de l’armée coloniale portugaise. En outre, un groupe d’environ 200 guinéens de Conakry faisait partie de l’expédition. Les guinéens venus avec les assaillants de l’armée portugaise étaient tous membres du Front National de Libération Guinéen (FNLG), un mouvement hostile au régime du parti Démocratique de Guinée (PDG) de feu Ahmed Sékou Touré. Mais qui finalement a échoué.
Et pour Elhadj Sidiki Kobélé Keita, en s’inspirant du capitaine Alpoim Calvao, il dégage trois causes de l’échec lamentable à savoir :
1- Le manque d’informations précises et fiables sur les principales cibles (la position des MIGs, la radio, les principaux responsables guinéens et du PAIGC, Ahmed Sékou Touré et Amilcar Cabral en particulier ;
2- Le manque de soutien pourtant promis par le Front National de Libération Guinéen (FNLG) et attendu des complices intérieurs.
La troisième cause selon ce capitaine, l’échec serait le manque de cohésion qui sévissait au sein de l’opposition guinéenne, FNLG en particulier.
Dans son discours, le président de l’ONG Yacouba Camara a rendu hommage aux pionniers de notre indépendance. « En ce jour historique de notre nation, nous nous inclinons pieusement devant les fils tombés arme à la main pour la défense de notre patrie ».
Si la commémoration de cette journée passe inaperçue, Yacouba Camara recommande aux autorités actuelles « l’introduction dans les programmes d’enseignements secondaires les événements survenus lors de l’agression du 22 novembre 1970, l’institutionnalisation de la commémoration du 22 novembre 1970 ».
Balla Yombouno