Kaloum : Des policiers font de la rue KA.001 un passage à péage
Il est 7h, comme chaque matin DonzoVassala est au volant de son Magbana, entendez minibus. En bifurquant pour s’engouffrer dans la rue KA 001 (itinéraire obligatoire des minibus), il est amer et martèle : <<ces charognards ne nous laisserons jamais tranquille, car c’est nous qui nourrissons leurs familles à la sueur de nos peines. >>
En l’arpentant, il croise toute une armée de policiers de la sécurité routière massée au niveau du sémaphore en face de l’agence principale d’Orabank chargée de réguler la circulation et contrôler les documents des véhicules. En lieu et place de tout contrôle, il tend une coupure de 1000 francs à l’agent qui l’encaisse presto et relève l’immatriculation de son véhicule. Ce qui lui garantit la libre circulation pour toute la journée sur ladite artère. Ces flics en ont fait un passage à péage pour cette catégorie de moyens de transports en commun. Peu importe que le chauffeur et les documents de leur véhicule soient en règles. Il faut payer. C’est tout.
<< Nous n’avons aucun autre moyen de résoudre nos problèmes les plus pressants que de procéder de la sorte. Nous ne gérons aucun budget et nos salaires sont faibles, vu toutes les charges qui y sont subordonnées >>, nous clame un agent de la sécurité routière.
Quant à cet autre agent préférant garder l’anonymat aux risques de subir de lourdes sanctions : <<Nous ne sommes que des pantins, les tireurs de ficelles sont dans les bureaux. On ne représente que le maillon faible de la chaine, car nous effectuons quotidiennement des versements importants à nos chefs qui nous postent en ces lieux. >>
Selon Sacko Mohamed, sociologue reconverti vendeur à la sauvette à proximité des lieux : << Ces policiers ne se gênent pas de tendre la main aux chauffeurs pour récupérer les billets que ceux-ci leurs tendent. Plus que de la corruption, c’est une autre forme de mendicité des temps modernes. Vous avez l’impression que c’est une tontine à laquelle ils cotisent tous les jours, sauf qu’elle ne profite seulement qu’aux percepteurs et non aux cotisants. >>
A quoi sert donc le paiement de la T.U.V (Taxe Unique sur les Véhicules) si ce n’est de cautionner le droit à la liberté de circuler sur nos routes nationales ?
Nous y reviendrons !
Bayo Ibrahima Kalil, guinee24.com