La 7ème Session du Comité de pilotage du projet de renforcement de la lutte contre le blanchiment en Afrique de l’Ouest a ouvert ses travaux à Conakry

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La 7ème Session du Comité de pilotage du projet de renforcement de la lutte contre le blanchiment en Afrique de l’Ouest (SAMWA) a ouvert ses travaux, mercredi, 15 mai à Conakry.


Au lancement des travaux, le Coordonnateur projets régionaux de sécurité de l’Union européenne (UE), basé à Dakar, au Sénégal, Antoine Gouzee Harven a, dans son discours noté que : « C'est un plaisir et un honneur pour moi, de prononcer cette allocution d'ouverture à l'occasion du 6ème  comité de pilotage du projet SAMWA (Strengthening Anti-Money Laundering capacities in West Africa). Car ce projet revêt une grande importance pour l'UE de par son sujet et parce que cet évènement prend place à un moment charnière de notre coopération dans ce domaine. La problématique sur laquelle porte cette action et à laquelle vous consacrez tous, votre énergie au quotidien est hautement stratégique. La lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme n'est en effet pas une fin en soi mais le moyen le plus efficace de lutter contre les fléaux de la criminalité organisée, de la corruption et du terrorisme qui induisent tant de préjudice à nos populations et de dommages à nos sociétés ».

 

 Pour lui, l'unique motivation des trafiquants est l'appât du gain et ceux-ci, ainsi que les terroristes, ont besoin de financement pour mener à bien leur action. Les empêcher de jouir librement de leur larcin et de se donner les moyens d'agir est donc la meilleure stratégie pour les contrer. Ce faisant, nous ciblons leur talon d'Achille et entravons leur action malveillante en aval comme en amont.

 

« Sur la base de ce constat, l'UE met le blanchiment d'argent, la saisie des avoirs criminels et le financement du terrorisme au premier plan de son action contre le crime organisé, la corruption et le terrorisme qui sont eux-mêmes des enjeux majeurs de sécurité et de développement au cœur de notre coopération », précise-t-il.

 

Selon, M. Harven, il est estimé par de nombreux groupes de réflexion que quatre (4) des objectifs de développement durable ne pourront tout simplement pas être atteints d'ici 2030 si la criminalité organisée n'est pas maitrisée. Car le manque à gagner que cause cette criminalité sur le continent africain pourrait s’élever à 70 milliards UDS. Et, si cette valeur était investie sur les marchés intérieurs, cela aurait apporté dans la plupart des pays africains, une croissance supplémentaire du PIB de l’ordre de  3% par an.  

 

Poursuivant, le Coordonnateur des projets régionaux de sécurité dira que, « Au vu de ces enjeux, l'UE a donc continuellement renforcé son appui à votre combat de tous les jours. Suite à un premier financement de, 1,8 millions d'euros, la convention du projet qui nous réunit aujourd'hui a été signée en novembre 2014 pour un financement de 3 millions. Avant même la fin de cette action dont nous allons presque faire le bilan dans un instant, un nouveau projet vient de démarrer, sous l'intitulé OCWAR-M pour un budget de 8 millions d'euros cette fois. Aujourd'hui, nous sommes dès lors à cheval entre le passé, le présent et le futur. Il nous faut prendre le temps d'analyser la coopération qui nous avons eu jusqu'ici pour mieux anticiper celle que nous avons d'ores et déjà démarrée ». 

 

Il a rappelé les trois composantes du projet SAMWA à savoir : l’accroissement de l'efficience des CRF et des entités déclarantes ; le renforcement des capacités des organismes de répression criminelle ; et, la   mise en œuvre par Transparency interntional, de la sensibilisation de l'opinion publique et les décideurs politiques ainsi que le renforcement de l’engagement dans la lutte contre le blanchiment des capitaux.  

Tout en se félicitant du niveau d’exécution du projet estimé à 78 %, M. Harven a signalé de nombreux problèmes. Il s’agit par exemple,  de la mise en œuvre tardive des recommandations issues de l’évaluation à mi-parcours du projet.

 

Enfin, le Coordonnateur des projets régionaux de sécurité soulignera que, les échanges de cette session doivent avoir deux objectifs : la mise en place d’un plan pour s'assurer de l'exécution des activités qui sont toujours en attente au cours des trois prochains mois (ateliers de sensibilisation à l'intention des organes de notification qui n'ont pas été bouclés, sessions de formation assistée par ordinateur et de celles portant  sur les enquêtes qui ne sont toujours pas réalisées) ; et, la maîtrise, à partir de leurs discussions, des obstacles n’ayant pas permis une exécution progressive du action et  la mise en œuvre rapide des solutions proposées ».  

En déclarant les travaux de la 7ème session du projet SAMWA ouverts, le Directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), le juge, Kimelabalou Aba a tout d’abord remercié l’UE pour le financement dudit projet et pour avoir servi de fer de lance de sa mise œuvre. Avant de remercier par la suite, l’ensemble des participants pour avoir adhéré au projet et, surtout pour avoir été ses co-exécutants.

 Pour lui, du chemin a été fait, depuis la tenue des discussions préliminaires ayant conduit à la mise en œuvre du projet SAMWA en 2015 jusqu’à cette phase de clôture. « Vous conviendrez avec moi que nous avons tiré beaucoup de leçons de ce projet sur la manière de mettre en œuvre une initiative régionale à la dimension de celle-ci. Nous avons également vu l’intérêt de collaborer ensemble et d’apprendre les uns des autres, sur la manière de faire face à une menace transnationale telle que le blanchiment et les flux financiers illicites. Les leçons tirées du présent projet éclaireront à coup sûr, les initiatives semblables ».

La présente session, poursuit-il,  « nous permettra d’examiner l’état de mise en œuvre du projet, de discuter des défis rencontrés au cours de son exécution et de mettre en lumière, certains résultats atteints. Les membres auront également l’opportunité de prendre connaissance de l’état de mise en œuvre de la composante 3 du projet, sous la responsabilité de Transparency international ».

Interpellant les participants, Kimelabalou Aba dira que, « les préoccupations liées au blanchiment dans la région restent d’actualité ; sa prise en charge efficace et effective requiert donc des efforts concertés de toutes les parties prenantes. C’est dans ce cadre d’efforts que la session de Conakry se tient, pour discuter dans quelle mesure le projet a atteint des résultats dans la lutte contre le blanchiment. Nous avons tous un objectif commun dans la tête : une prise en charge appropriée du blanchiment en Afrique de l’Ouest ».

En terminant son intervention, il a fait remarquer que, ce projet de l’Union européenne est une approche indicative de la coopération dans la réalisation de l’agenda du GIABA en matière de lutte contre le blanchiment. Ce qui nécessite un engagement fort dans la mise en œuvre des politiques, cadres et instruments du GIABA malgré les défis rencontrés. Avant de réitérer la nécessité de renforcer la coopération et la collaboration entre l’UE, le GIABA et les Etats membres de la CEDEAO afin de remédier à certains écueils.

 

Jean Pierre Ouendéno

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