La guerre des chefs à l'UFDG : L’éclatement

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Jusque là la pression familiale, clanique, ethnique… avait empêché l’éclatement au grand jour de la division interne qui mine l’UFDG, un combat fratricide, politique, une guerre de leadership, de gouvernance du parti qui oppose Cellou Dalein Diallo à son vice-président, fondateur et n° 2 de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, Bah Oury. Jusque là, à part quelques phrases assassines dans les médias aucun des deux personnages n’avait franchi le rubicond mettant en danger, en péril l’unité, la stabilité, la force, les fondements du parti.

Ignoré et exclu dans les prises de décision du parti, l’impatience de Bah Oury ne pouvait durer si longtemps.

En guise de riposte et pour affirmer, du moins pour réaffirmer sa légitimité politique et historique non seulement sur le parti mais aussi sur Cellou Dalein Diallo, il a organisé un congrès électif des membres du nouveau bureau fédéral de l’UFDG en France. C’était ce samedi 12 avril à Paris.

Si à l’UFDG les responsables estiment que cette action est un feu de paille, ce qui serait une grosse erreur politique, Bah Oury n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. En effet, il entend mettre en place les fédérations UFDG de l’étranger, et ce, conformément aux statuts et au règlement intérieur du parti, nous indique t-on.

Mieux, certains vont jusqu’à affirmer qu’il n’est pas exclu qu’il se présente à la prochaine élection présidentielle organisée en 2015, sauf qu’ils oublient que cette possibilité est écartée, dès lors qu’il a été condamné par contumace par la justice guinéenne dans l’affaire de la tentative avortée d’assassinat sur la personne du Chef de l’Etat. C’était en juillet 2011, avant de prendre la fuite.

Si jusqu’à la preuve des contraires le condamné Bah Oury ne peut prétendre à la candidature lors des présidentielles en Guinée, il pourrait cependant, comptant sur la loyauté de nombreux militants et autres responsables de l’UFDG, soutenir la candidature d’un de ses fidèles partisans contre Cellou Dalein Diallo.

A ce niveau, une observation s’impose : si Bah Oury a pris la responsabilité d’installer une nouvelle fédération du parti en France ainsi que de nombreuses sections c’est dans le cadre d’un leadership nouveau, d’une remobilisation des troupes, de l’affirmation de son autorité, de sa présidence… en désaccord total, non pas avec les militants, mais avec l’actuelle équipe dirigeante de l’UFDG à Conakry.

Réussira, ne réussira pas sa démarche ? Rien n’est moins sûr !

En créant l’opposition extraparlementaire, en mettant en place de nouvelles structures du parti en France, en espérant en faire ailleurs et autant avec les militants de l’UFDG, les agissements de Bah Oury ne sont pas négligeables et ne sont pas à négliger car, ils pourraient porter ombrage mais aussi un coup dur, un coup sérieux au leadership de Cellou Dalein Diallo. Si ce n’est déjà le cas.

En organisant le congrès électif de la fédération UFDG de France ce samedi 12 avril avec la mobilisation de 12 sections du parti bien établies dans l’hexagone, Bah Oury a montré et démontré qu’au sein de l’Union des forces démocratiques de Guinée, il faudra compter avec lui.

Désormais, les hostilités sont ouvertes entre Cellou Dalein Diallo et Bah Oury. Il n’y aura aucun cadeau entre les deux. A la guerre comme à la guerre. Au coup pour coup. Sans pitié. Ni état d’âme. Pour cause, selon un communiqué publié par la Fédération UFDG France version Cellou Dalein Diallo, ‘‘elle informe ses militants et sympathisants qu’elle organise un congrès pour la mise en place de la Section Île de France Nord-Est. Le congrès aura lieu le dimanche 20 avril. En effet, la mise en place des sections est une priorité et s’inscrit dans la dynamique du renouvellement de la Fédération UFDG France’’.

Bah Oury quant à lui voit autrement ce renouvellement des fédérations qu’il vient d’entreprendre. Se considérant désormais comme le Président légitime du parti, il a déclaré à la suite de l’installation de la nouvelle fédération de l’UFDG France placée sous sa responsabilité : "Ce qui m'importe aujourd'hui est de reconstruire l'UFDG car la gouvernance actuelle du parti est mauvaise et clanique".

"Nous sommes entrain de restituer l'UFDG à ses militants", a-t-il martelé.

Une façon claire de dénoncer que l’UFDG a été usurpée par Cellou Dalein Diallo.

Mandaté par Cellou Dalein Diallo pour répondre à Bah Oury et dénoncer le congrès de l’UFDG de France, le Vice-président Fodé Oussou déclare : "L’UFDG qui est valablement reconnue c’est celle présidée par Elhadj Cellou Dalein Diallo. S’il a envie d’être élu qu’il attende le congrès du parti au mois d’août prochain. S’il peut venir moi je serai le premier à l’accueillir à l’aéroport. Si M. Bah Oury veut il n’a qu’à mettre en place plusieurs sections ou autres. Cela n’engage que lui. Je pense que M. Bah Oury s’ennuie, pour exister il faut qu’il crée des problèmes".

En tout état de cause, de ce qui précède, les rivalités politiques internes, la lutte fratricide, la guerre des chefs sur fond d’intérêts personnels et claniques ont atteint le point de non retour et ont conduit à la balkanisation de l’Union des forces démocratiques de Guinée. En France, à l’étranger tout comme en Guinée, les partisans des deux camps opposés ne resteront plus dans l’ombre et sont prêts à tout pour en découdre. Adviendra que pourra. On appelle cela, la descente aux enfers. La fin de l’histoire.

Balla Yombouno, rédacteur en chef de guinee24.com

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