Le Secrétaire d’Etat à la Présidence, Chargé de la lutte antidrogue, du grand banditisme et des services spéciaux, Capitaine Moussa Tiégbro Camara à GUINEE24. Exclusivité
Le Secrétaire d’Etat à la Présidence de la République, chargé de la lutte antidrogue et le grand banditisme et des services spéciaux, Capitaine Moussa Tiégbro Camara, a accordé vendredi, une interview à GUINEE24. Voici l’intégralité de cette exclusivité que cet homme dont l’engagement aux cotés du Président Capitaine Moussa Dadis n’est plus à démontrer surtout qu’ il s’agit de la sécurisation des personnes et de leurs biens.
Guinee24.com : bonjour M. le Secrétaire d’Etat à la Présidence de la République, chargé de la lutte antidrogue, du grand banditisme et des services spéciaux, Capitaine Moussa Tiégbro Camara, d’avance la rédaction de GUINEE24 vous remercie de l’avoir accordée cette interview, malgré vos nombreuses charges. Au jour d’aujourd’hui, le banditisme refait surface, cela signifie –t-il que vous avez marqué une pause ?
Capitaine Moussa Tiégbro Camara (C. MTC) : Merci M. Jean Leforestier pour cette opportunité qui m’est offerte pour parler un peu des activités de nos services. C’est vrai, le banditisme a refait surface mais, nous gardons la commande grâce au soutien inestimable du Chef de l’Etat, Président de la République, Capitaine Moussa Dadis Camara. Il faut avouer que lorsqu’on parle de l’insécurité, c’est Conakry qui pose énormément de problèmes. C’est l’occasion d’affirmer que toutes les dispositions sont prises pour nous rendre beaucoup plus opérationnels sur le terrain. Nous venons de bénéficier de la part du Président de la République, 12 véhicules tout terrain pour effectuer les patrouilles mixtes (police, gendarmerie et militaire), de jour comme de nuit. Mieux, le ministre de la Défense, le Général Sékouba Konaté a aussi pris tout en charge ; car le carburant et les hommes ne font pas défaut. Donc toute la ville est à ce jour sécurisée ; malgré cela, chaque citoyen de Conakry comme de l’intérieur doit s’y mettre en aidant nos services à être beaucoup opérationnels.
Seulement, il faut signaler que dans nos activités, il y a un paradoxe. Pendant que nos hommes tournent les nuits, on constate la présence des taximen dans la circulation, à la recherche des clients dans les bars, les motels, les dancings. Cela n’est sans compliquer la tâche à nos services. Quand on évoque ce cas, d’aucuns sont prêts à dire que nous voulons restreindre les libertés publiques. Mais, imaginez, un taximan qui est déplacé à 2 heures ou 3 heures du matin, par qui et pourquoi ? Souvent cela est au détriment de ces mêmes taximan car, ils se trouvent que ceux-là qu’ils transportent sont de mauvaise moralité, ce qui peut finir par un holdup, un assassinat comme ce cas qui est récemment arrivé. D’ailleurs, c’est à des heures pareilles que les narco circulent ou font circuler la drogue. Pour le moment, nous ne sommes pas comme aux USA où les gens bougent à tout moment. Si le mouvement des taxis est limité, cela permet aux agents de voir ce qui se passe.
GUINEE24 : Récemment vous étiez à Bangouya, dans la préfecture de Kindia, il s’agissait de quoi ?
C. MTC : j’ai été dépêché à Bangouya par le Président de la République pour le cas vol de bétail qui oppose les victimes et les voleurs en complicité avec le Procureur. Il faut indiquer à ce niveau, qu’en matière d’élevage des bœufs, la direction de l’Elevage a trouvé un moyen en tatouant les bêtes selon leur zone d’origine ; ce qui facilite leur repérage en cas de disparition ou de vol. il s’est trouvé qu’il y a un voleur et receleur qui a dans son parc 83 bœufs de différents tatouages ; donc des animaux volés un peu partout. Le voleur en question est actuellement à maison d’arrêt de Kindia et les autres ont été libérés par la complicité des autorités pénitentiaires. Des instructions ont été données pour rechercher ces voleurs libérés et les remettre en prison. D’ailleurs, hier, certains qui étaient en cavale ont été arrêtés à Dubréka. C’est dire qu’aucun coupable ne sera libéré. Nous sommes dans l’esprit du CNDD et de son Président, Capitaine Moussa Dadis Camara. Il compte sur moi ; donc, peu importe ce que les uns et les autres disent. Je reçois des coups de fil, pour nous encourager dans ce que nous faisons. Je n’ai peur que de faire du tort aux innocents.
GUINEE24 : Récemment, une jeune étudiante a été retrouvée morte à Simabya Gare, dans la commune de Ratoma, quelle est la suite de dossier ?
C. MTC : je suis heureux de vous annoncer que le meurtrier de Mlle Marie Béavogui a été arrêté et se trouve en prison u moment où je vous parle. Pour rappel, c’est le samedi 9 mai que nous avons été informés par un citoyen, de la présence d’un corps dans le quartier Simbaya Gare, commune de Ratoma à Conakry. Il s’agit du corps de Mlle Marie Béavogui, âgée de 23 ans, étudiante en 1ère année Génie chimie, à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Sur les lieux, nous avons recherché les traces et les indices sur le corps. Nous avons compris par des traces fraîches, la preuve que Marie a subi des actes de violences physiques. Aussitôt, nous avons requis les services d’un médecin légiste, Dr Hassane, pour situer la cause réelle de Marie. Après l’autopsie judiciaire, il est apparu que la pauvre Marie, en plus des violences physiques, suivies de viol, a été sujette d’une fracture cervicale, responsable de sa mort par arrêt cérébral.
Le meurtrier s’appelle David Conteh, de nationalité sierra léonaise, âgé de 23 ans. Fils de Feu Thomas et de Mariame Condé, coiffeur de profession (hommes et dames), domicilié au quartier Simbaya Gare, secteur Simbaya, toujours dans la commune de Ratoma.
Selon le jeune, il est en Guinée depuis le début de la rébellion en Sierra Léone. Donc étant sur le sol guinéen, en novembre 2008, David Conteh entretient des relations amicales très chaleureuses avec Mlle Marie Béavogui. Alors pour des raisons de la jalousie, la nuit du 8 au 9 mai 2009, Marie et David ne partageaient pas les avis sur l’avenir de leur amour ; ils se sont accrochés. Accrochage à la suite duquel, Marie a succombé sur le coup perpétré, d’après David, sur Marie au niveau du cou, de la tête et du bas ventre. Et, David déclare avoir abandonné le corps de Marie vers les 4 heures du matin. Grâce donc à un système de planque et de noyautage, que nous avons mis sur pied, nous avons pu mettre main, enfin sur le meurtrier. Pendant que les services de lutte contre le grand banditisme le recherchaient dans le quartier et les frontières, il vivotait dans les bars et motels de la place.
Le paradoxe, est qu’il est un peu difficile de comprendre que Marie, étudiante de son rang, vive avec un monsieur qui n’a de métier que la coiffure. Et d’après toujours David, c’est difficilement qu’il gagne de quoi manger et, Marie aurait abandonné toute sa famille au profit de ce monsieur. Le paradoxe donc, ce ne sont pas les mêmes couches socioprofessionnelles.
Je profite de cette occasion pour dire à nos sœurs d’œuvrer pour ne pas faire l’amalgame entre le sentiment et ce qui est la réalité. Aux parents je les demande d’encadrer leurs enfants pour éviter ce genre de situation. Même si ce jeune est condamné, cela ne peut pas remplacer celle qui est morte. Tout compte fait, il sera traduit devant la justice pour répondre de ses faits. Au nom du Président de la République, Capitaine Moussa Dadis Camara, du CNDD, du gouvernement, le Secrétariat d’Etat présente à la famille éplorée, nos condoléances les plus attristées.
GUINEE24 : M. le Secrétaire d’Etat, hors mis les narcotrafiquants qui sont déjà arrêtés, nous avons l’impression que la lutte a pris fin. Que faites vous actuellement dans ce sens ?
C. MTC : la lutte contre le narcotrafic est loin de s’arrêter, elle se poursuit ; c’est la mission à laquelle je tiens beaucoup. Je ne m’arrêterais que si le Chef de l’Etat me demande d’y mettre un terme. Et je sais qu’il est plus engagé que moi sur ce plan. Nous venons de mettre aux arrêts une dizaine de narco, civils et homme en uniforme. D’autres ont été pris avec des preuves à l’appui. Bientôt, vous allez les voir à la télé pour parler de leur participation à l’alimentation du réseau de la drogue, de la cocaïne.
Ce qui est sûr, je suis et reste clair dans ma démarche ; la mission qui m’a été confiée par le Commandant en Chef des forces armées nationales sera accomplie. C’est pourquoi je demande une fois de plus aux taximen de me comprendre. Le ministre de la Sécurité m’a rassuré par exemple, sur la disparition dans la circulation des voitures aux vitres fumées sur toute l’étendue du territoire national. Ces engins et quelques taxis ont utilisés pour l’enlèvement des enfants.
Aujourd’hui, nous sommes supportés par la communauté internationale comme le témoigne la récente décoration du Président de la République, Capitaine Moussa Dadis Camara par l’UNESCO. Sans oublier que bon nombre des guinéens m’appelle à longueur de journée pour m’encourager et me réconforter davantage dans la lutte contre la drogue, le banditisme, la prostitution. Je reçois des centaines de coups de fil par jour pour des conseils… la mission continue sans relâche.
GUINEE24 : vous avez tout à l’heure fait allusion aux véhicules avec des vitres fumées, qu’en est-il de ces autres véhicules sans plaque d’immatriculation, souvent conduits par des militaires ?
C. MTC : ça c’est extrêmement dangereux. Je prends l’exemple sur mes services ; tous les véhicules sont indentifiables, numérotés. Si quelqu’un passe par mon nom pour agir, il ne faut pas prêter le flanc. Que des voitures circulent sans plaque d’immatriculation cela est contraire à la loi ; c’est un manque de savoir vivre. Les guinéens doivent automatiquement réagir contre de tels actes. De ce coté aussi, le ministre de la Défense est entrain de prendre des dispositions pratiques. Dans l’application de la loi, il n’ y a pas de sentiments ; il faut que l’on apprenne ( civils et militaires) à se débarrasser des sentiments, si nous voulons changer en Guinée. Après 50 ans de souveraineté, nous devons connaître nos devoirs et nos droits.
GUINEE24 : ce matin, M. le secrétaire d’Etat, vos hommes étaient encore dans la rue pour traquer les cambistes clandestins. Que dites –vous à propos ?
C. MTC : vous avez parfaitement raison. C’est moi-même qui ai fait ce constat quand je me rendais en ville ; j’ai fait appel à mes hommes pour ramasser ces contrevenants. Il n’y a pas longtemps, j’ai réuni tout le monde pour demander à ces cambistes clandestins de quitter dans la rue et d’ouvrir des agences légales. Malgré cet appel de bonne volonté, il y a certains de nos compatriotes qui croient que nous sommes encore dans l’ancien temps. Le fait que des gens, dans la pleine illégalité font le change du franc guinéen contre les devises n’est pas une bonne chose pour notre économie. Même hier, le Président de la République, Chef de l’Etat, capitaine Moussa Dadis Camara m’instruisais à propos de cette affaire de cambistes clandestins.
C’est comme cela que nous sommes restés en 2007 jusqu’à ce que la monnaie nationale ait pris un dangereux coup. On a tous vu les devises monter en flèche ; et, cela a amené les jeunes et les forces vives à prendre la rue en janvier et février. Aujourd’hui, nous avons faim, il n’y a pas d’eau, d’électricité… pendant que la communauté internationale s’abstient de nous venir au secours, nous devons tout faire pour valoriser nos maigres ressources. Mais, le guinéen ne travaille pas ; et, ceux qui travaillent ne sont pas patriotes. Moi par exemple, je ne suis pas là pour amasser de la fortune ; la construction que j’ai réalisée, c’était bien avant l’avènement du CNDD. Donc, je n’ai besoin de rien actuellement sinon qu’œuvrer, conformément à la volonté du Capitaine moussa Dadis Camara pour enfin de redonner l’espoir aux guinéens. Déjà, avec ce que nous faisons, nos compatriotes ont compris que la Guinée n’était pas pauvre, seulement il y a eu de la mauvaise gouvernance, de la gabegie,…Il faut que chacun comprenne cela pour que le Président de la République soit compris et puisse réaliser son projet de société avant que les partis politiques ne prennent la relève. Chacun de nous doit faire son petit travail ; il faut que l’on travaille pour que ce pays bouge. Il ne faut pas tout laisser au Chef de l’Etat. Je vous remercie
Propos recueillis par Jean L. guinee24, Conakry
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