Les présidentielles avant les communales : Les raisons de la CENI
Le Vice-président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de la République de Guinée, El hadj Ibrahima Kalil Keita et plusieurs commissaires de cette institution ont animé, jeudi, 12 mars 2015, à Conakry, une conférence de presse pour expliquer aux hommes de medias les raisons qui poussent la CENI à organiser l’élection présidentielle avant les communales.
La CENI, qui est composée de membres représentants les partis politiques, est l’institution chargée d’organiser les élections en République de Guinée.
Dans son exposé, le vice-président a dit, que ‘’les commissaires de la CENI et plusieurs acteurs du processus électoral étaient en conclave à Kindia, pour élaborer les chronogrammes des prochaines élections à partir d’un plan opérationnel agrégé des différents départements de la CENI.
Selon lui, à l’issue des travaux, deux chronogrammes ont été élaborés dont l’un pour la présidentielle et l’autre pour les communales.
‘’S’il y a l’unanimité autour de la date proposée avec assurance qu’elle est conforme à la Loi, il appartient au chef de l’Etat de fixer la date en tenant compte de cet aspect juridique’’, a indiqué El hadj Ibrahima Kalil Keita.
Pour les élections communales par contre, dira M. Keita, il y a beaucoup d’interrogations et de réactions. Pourquoi la CENI a choisi d’organiser l’élection présidentielle avant les communales ? s’est-il interrogé.
En réponse, le vice-président de la CENI a fait savoir qu’il y a un certain nombre de raisons qui ont amené la Commission à commencer par l’élection présidentielle.
Faisant ainsi un aperçu sur ces raisons, il a rappelé que les Accords du 3 juillet 2013 avaient demandé à la CENI, d’organiser les élections communales, mais en recrutant un autre opérateur de révision des listes électorales et mettre de côté, le couple Sabari Technologie-Way Mark. Chose qui a été faite, la CENI étant fidele à la Loi et aux Décisions consensuelles prises par les acteurs politiques.
«De là, la CENI a pris les dispositions pour les élections communales, mais il y avait des préalables parmi lesquels il faut citer l’assainissement du fichier électoral qui fait toujours l’objet de critiques. C’est ainsi que le prestataire malien, ICD a été recruté pour la correction du fichier. Et ce travail n’a pris fin, avec le concours de tous les acteurs, qu’à ce mois de mars 2015, les derniers résultats des corrections n’étant présentés qu’au cours du récent atelier de Kindia», a-t-il expliqué.
Alors les élections communales, souligne le vice-président, comme la Loi l’explique, c’est avant tout, l’affaire des démembrements de la CENI et de l’Administration territoriale. Puisque c’est le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) qui indique le nombre de circonscriptions et de conseillers en fixant tous les quotas, raison pour laquelle une commission mixte CENI-MATD, sous la présidence du Directeur du département Juridique de la CENI, Me Amadou Salifou Kébé, a fait déjà plusieurs réunions de travail à ce sujet.
«Donc, tout le monde comprend pourquoi les élections communales n’ont pas été organisées en 2014. Evidemment, on parle d’élections communales parce que les acteurs politiques demandaient à ce que la CENI aille vite sans parler d’élections locales qui concernent les districts et quartiers», a-t-il ajouté.
Plus loin, le vice-président de la CENI a fait comprendre qu’on n’est désormais en mars 2015. Alors nonobstant les contraintes juridiques et administratives, il est clair que la CENI ne va pas organiser une élection avec le fichier de 2013, sans faire une révision des listes électorales, bien qu’elle soit fière du travail effectué avec le prestataire ICD, car c’est une correction et pas une révision.
«La CENI ayant alors deux élections dans les bras en 2015, présidentielle et communales, il est important de savoir objectivement à quelle élection il faut donner priorité. Si la CENI avait la possibilité d’introduire dans le fichier de 2013, les électeurs omis et ceux qui ont l’âge de voter et d’organiser les élections communales avant la présidentielle, et surtout en respectant le cadre juridique, elle l’aurait fait sans le moindre souci», a martelé son vice-président.
«Mais hélas ! L’atelier de Kindia après avoir mis des experts à la tâche, a permis de comprendre qu’en faisant la révision du fichier électoral et l’organisation des élections communales, la Guinée ne serait pas dans les délais de faire l’élection présidentielle qui est un impératif catégorique de la Loi, d’où la priorité accordée à l’élection présidentielle», a conclu le vice président de la CENI.
De leurs côtés, les directeurs des départements Juridique, Me Amadou Salifou Kébé, Transparence, Maxime Koïvogui, Démembrement, Dr Amadou Kaba et le directeur adjoint du département Communication, Charles André Soumah, chacun selon les tâches qui sont confiées à leurs départements respectifs, ont rassuré que l’élection présidentielle du dimanche, 11 octobre prochain sera transparente, crédible et apaisée. Ils ont fermement soutenu que les dates proposées pour la présidentielle et les communales sont conformes à la Loi, même si elles suscitent beaucoup de réactions et d’interrogations au sein de la classe politique guinéenne.
«La CENI n’a pas violé la loi en fixant la date de la présidentielle avant celle des communales. Elle était devant un impératif. Et puisque la CENI est un organe de décision et non un organe consultatif, selon les textes, il fallait prendre la décision suivant le respect de la loi, car la présidentielle est complètement verrouillée par la Constitution et le Code électoral», a rappelé le directeur du département Juridique, Me Amadou Salifou Kébé.
GUINEE24 avec AGP