Lutte contre Ebola : Le Président Alpha Condé à la remise du prix Marcel Rudasingua
Le Président de la République, Pr Alpha Condé a procédé dans la soirée du jeudi, 11 décembre 2014 au Centre culturel franco-guinéen, la remise du trophée dédié à Marcel Rudasingua, coordinateur des Nations-Unies pour la riposte contre Ebola en Guinée, décédé le 17 novembre dernier des suites d’un arrêt cardiaque.
Le prix qui a été remis à l’Association des personnes infectées et guéries d’Ebola. C’était à l’occasion de la deuxième édition du trophée « Protecteur des Arts et cultures de Guinée 2014 » dotée du Grand BICIGUI « Amie et Arts ».
Organisée par le Centre culturel franco-guinéen en partenariat avec le Petit musée de Guinée, cette cérémonie était placée sous le signe de la lutte contre Ebola.
A l’occasion l’ambassadeur de France en Guinée, Bertrand Cochery qui s’est réjoui de la présence du chef de l’Etat au Centre culturel franco-guinéen qui dénote de l’importance qu’il accorde non seulement à la culture, mais aussi à la lutte commune contre Ebola. Le diplomate français a précisé qu’en organisant cette édition, les pensées se sont orientées vers Marcel Rudasingua qui a œuvré pour lutter contre Ebola en Guinée. Et c’est pourquoi selon lui, un prix est dédié à ce dernier. C’est un prix qui est complété par une somme de 20 millions de Francs guinéens que la BICIGUI a donné comme sa contribution pour le soutien à l’Association des personnes infectées et guéries d’Ebola.
Au cours de cette cérémonie qui s’est déroulée en présence du Pr Djibril Tamsir Niane et plusieurs hommes de culture, une minute de silence a été observée à l’hommage de Marcel Rudasingua, coordinateur des Nations-Unies pour la riposte contre Ebola en Guinée.
En remettant ce prix à Bakary Oularé, Président de l’Association des personnes infectées et guéries d’Ebola, le Président de la République a exprimé son honneur d’être à cette cérémonie en présence de Djibril Tamsir Niane et que cela dénote de l’importance que les uns et les autres accordent à la culture : « La culture est extrêmement importante. Sous la première République, la Guinée était firmament de la culture. Vous avez vu les Kandia, les Ballets africains. Malheureusement pendant quelques années nous avons perdu cela et nous voulons donner de nouveau à la Guinée sa place. Malheureusement, nous n’avons plus beaucoup de témoins. C’est pourquoi c’est toujours un grand plaisir quand je retrouve mon grand frère Djibril Tamsir Niane, parce que c’est l’un des rares qui restent qui est notre mémoire et nous comptons beaucoup sur lui d’aider à la réconciliation nationale, d’aider à livrer aux Guinéens leur mémoire. Parce que nous devons assumer tous les crimes qui ont été commis. Moi j’assume tous les crimes de la Guinée que ça soit les bons ou mauvais côtés.
Je suis très heureux que l’ambassadeur qui était là comme conseiller ait associé ce prix à Ebola. L’Ebola est une très grave épidémie qui nous fatigue. Mais Ebola n’est pas une fatalité. On ne meurt pas nécessairement d’Ebola, si on est prix à temps, on a plus la chance de guérir. L’Ebola nous fait souffrir aujourd’hui, mais nous le transformer en opportunité. C'est-à-dire nous allons transformer notre système de santé. Parce que si les maladies telles que le choléra, la méningite nous fatiguent parce que nous n’avons un bon système de santé. Notre combat c’est d’abord mettre à Ebola le plutôt que possible, mais aussi renforcer notre système de santé. Et là, je rends hommage à la France qui va installer l’Institut Pasteur ici et former les chercheurs pour que nous soyons capables à faire face à n’importe quelle épidémie sans faire appel à l’extérieur et aussi qu’ont ait des hôpitaux performants sur l’ensemble du territoire. Je pense que Ebola nous amène à changer nos habitudes. Nous souffrons d’Ebola, mais aujourd’hui il y a plus de choléra, de typhoïde parce que tout le monde devient propre. Ce que je veux dire aux Guinéens c’est que nous allons vaincre Ebola et que la Guinée va reprendre sa marche. Mais il faut que les parents comprennent que le fait d’avoir Ebola n’est pas un grime et quand on est guéri d’Ebola, on est guéri définitivement. Donc il ne faut pas qu’il ait de la discrimination à l’égard des personnes guéries d’Ebola ».
De son côté, Bacary Oularé, Président de l’Association des personnes infectées et guéries d’Ebola a remercié les uns et les autres pour avoir dédié ce prix à une personne qui a lutté contre Ebola avant de préciser : « Ebola n’est pas une fatalité et après Ebola c’est une nouvelle vie et cette nouvelle vie est ponctuée de stigmatisation, de perte d’emploi de logement, de perte des amis d’hier. Bref de mort psychologique. Donc nous profitons de l’occasion pour remercier nos chers parents qui nous ont toujours assistés malgré ces moments très difficiles et nous remercions le corps médical qui nous a assisté malgré la chaleur qu’il avait, il est resté à côté de nous pour nous sauver. Nous profitons également de l’occasion pour remercier toutes les personnes de bonne volonté qui continuent à aider dans la lutte contre Ebola ».
B S pour guinee24.com