Lutte contre Ebola : Les nouvelles dispositions de l’OMS et de la coordination pour éviter la résurgence de l’épidémie

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La Coordination nationale de lutte contre Ebola et les représentants de l’organisation mondiale de la Santé (OMS) ont conjointement animé ce jeudi 28 janvier une conférence de presse au siège de ladite coordination. Objectifs : entreprendre des nouvelles mesures pour éviter la résurgence de la maladie à virus Ebola en Guinée.

C’est au regard de certaines observations négatives que le gouvernement sur instruction du Président de la République et sous la signature du Premier Ministre, Chef du gouvernement ont fait la déclaration le 26 janvier. Il s’agit d’une déclaration d’invite des citoyens aux respects rigoureux des dispositions, de  renforcer la surveillance pendant les 90 jours suivant la déclaration de fin de l’épidémie en République de Guinée. C’est donc de donner plus de visibilité aux instructions du Chef de l’Etat que la cellule de Coordination de la riposte à la maladie à virus Ebola ainsi que ses partenaires de lutte ont initié la présente conférence  de presse.

Mohamed Belochine, représentant de l’OMS en Guinée a salué et soutenu  absolument le communiqué du gouvernement, et cela, sans réserve. Dans sa déclaration qu’il avait faite le 29 décembre 2015 au nom de l’OMS, Dr Mohamed Belochine avait prononcé la fin de l’épidémie d’Ebola et la phrase la plus importante était « le virus redoutable est capable de résurgence », mais qui n’a pas été bien saisie et considérée  par les populations. Selon lui, 90 jours de surveillance renforcée, prise en charge des survivants sont les seules conditions qui nous permettront d’éviter un scénario catastrophe. 

« Je crois que dans l’enthousiasme de ce jour là, tout le monde n’a retenu que la phrase de la fin de l’épidémie Ebola. Hors, quand on déclare la fin de l’épidémie Ebola, on n’a pas dit on a atteint l’éradication totale du virus Ebola. On n’a dit tout simplement le virus Ebola ne se transmet plus d’être humain à être humain en Guinée pour l’instant. Mais, nous avons déjà à l’époque des leçons de ce qui s’est passé au Liberia et en Sierra Leone. C’est à dire  que le virus peut revenir, il n’a pas été totalement éradiqué », explique Dr Mohamed Belochine.

Selon le représentant de l’OMS, le communiqué  du gouvernement parle  des vivants et des morts.

Sur les vivants, dit-il « il nous dit deux choses, vous les vivants faites attention, prenez l’engagement que le virus ne passera pas par vous. Le virus ne passera pas par moi si je me lave les mains systématiquement en tout lieu et tout le temps. Deuxième message pour les vivants, c’est si j’ai de la fièvre, je consulte parce que la maladie d’Ebola telle qu’elle se présente ici en Guinée n’est pas la maladie d’Ebola qu’il y avait au Zaïre. Quand on a les signes il faut absolument consulter, il faut faire confiance aux services de santé s’ils vous demandent d’aller faire un test. Les deux messages pour les vivants c’est ça. Le virus ne passera pas par moi et j’ai de la fièvre je consulte parce que si je suis porteur du virus au moins en consultant tout de suite je serai isolé tout de suite et j’aurais des chances de guérir et surtout ne pas contaminer aussi beaucoup de monde autour de moi ».

Côté  des morts, il   invite les populations de tester  systématiquement les corps des morts  dans les zones à risque comme Forécariah. Le deuxième point des morts, c’est le transfert des corps, il faut une autorisation de transfert.

Et sur ce transfert des corps, des nouvelles dispositions sont prises par la coordination et l’OMS comme l’explique ici Dr Sakoba Keita : « Avec la déclaration de fin d’épidémie, la coordination a soulagé cette disposition en autorisant le transfert des corps mais avec la seule condition que le corps testé négatif.  Pour le moment, il y a que 4 entités à Conakry qui sont habilitées à donner cette autorisation de transfert, nous avons le directeur et leurs adjoints des hôpitaux de Donka, de Kipé, Ignace Deen, la coordination qui sont autorisées officiellement à donner le certificat ».

Selon Dr Saboka Keita une fois que ce certificat est signé, il y a le chef d’unité de la sécurité de la coordination qui doit être saisi d’une copie et qui informe les services de sécurité qui sont au niveau des barrages, qui à leur tour vérifient l’identité et la certitude du certificat, voir la validité si ça correspond au numéro matricule à la signature de celui qui a signé. Toutes les mesures prises pour éviter que les gens ne trichent.

Selon Dr Sakoba Keita, la coordination nationale en commun accord avec ses partenaires ont jugé utile d’entreprendre un certain nombre d’actions. Premièrement, c’est accentuer la communication vis-à-vis de la communication pour les expliquer sur les actions à mener en cette phase des 90 jours recommandés par l’OMS. Deuxièmement, c’est de mener des actions de suivi de nos personnes sorties guéries, de nos centres de traitement et d’enclencher des actions ou de prise en charge autour des complications de cette maladie connue déjà certaines préfectures ainsi que de gérer les problèmes socio-économiques de ces personnes soit affectées par le virus Ebola ».

Pour rappel, c’est le 29 décembre 2015 que  l’Organisation Mondiale de la santé (OMS) a déclaré la fin de la transmission de  l’épidémie à virus Ebola en République de Guinée.

Enfin, une période d’observation accrue de 90 jours est exigée.

Balla Yombouno, guinee24.com, Conakry

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