Migrants en Méditerranée: «La Grèce a atteint ses limites» d'accueil

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Plus de 500 migrants sont à bord des navires humanitaires « Open Arms » et « Ocean Viking », et aucune solution en vue pour leur accueil en Europe. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés s'en inquiète.



Lundi, c'est un ministre grec qui s'inquiétait dans une interview au quotidien Kathimerini de l'augmentation du nombre de migrants qui arrivent sur les îles proches de la Turquie. « Depuis le 7 juillet, il n'y a pas eu un seul jour sans arrivée », explique le ministre adjoint chargé de la Protection du citoyen, Georges Koumoutsakos qui réclame davantage de solidarité de la part de l'Union européenne.

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) confirme que les capacités globales d'accueil dans l'ensemble du pays sont à saturation. Il constate également une augmentation des arrivées dans les îles proches de la Turquie, où les cinq « hot spots » européens sont surpeuplés : ils accueillent près du triple de leur capacité.

Partager les responsabilités

« Il y a plusieurs causes à cette situation sur les îles, explique pointe Boris Chershirkov, porte-parole du HCR pour la Grèce. D'abord l'augmentation du nombre d'arrivées, ensuite la capacité d'accueil des îles - 5 400 places dans les hot spots - puis la procédure de la demande d'asile, qui forme un goulot d'étranglement. Enfin, il y a la question des capacités d'accueil globales du pays. La Grèce depuis 2015 a considérablement augmenté sa capacité d'hébergement, il y a de la place pour 50 000 personnes aujourd'hui. Il y a 26 camps, le HCR propose aussi 25 000 places de logement en appartement, et puis il y a les gens qui sont dans des hôtels, etc. Malgré cela, la Grèce a atteint ses limites. »

Le HCR relaie donc l’appel de la Grèce à plus de solidarité européenne. « Et l'une des raison, c'est que même si on peut féliciter l'Union européenne pour la relocalisation de plus de 20 000 personnes entre 2015 et 2017, le fait est que ce programme a pris fin depuis deux ans et rien n'est venu le remplacer, alors qu'il est urgent qu'on ait un système de partage des responsabilités. C'est l'un de nos appels à l'UE, un système solide de partage de l'accueil des migrants et de la responsabilité qu'assume la Grèce. »

Plus de familles afghanes

L'organisation constate aussi un changement dans l'origine des demandeurs d'asile qui arrivent de Turquie. « Ce qu'on remarque cette année, c'est qu'il arrive moins de Syriens, et qu'il arrive plus de familles afghanes. Depuis 2015, la plupart des gens qui passaient en Grèce, c'était des familles de réfugiés de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan - la Syrie étant le principal pays d'origine. Mais récemment on voit surtout des familles afghanes. Et en général, quand on constate une augmentation du nombre de gens qui arrivent d'un pays précis, c'est lié à la volatilité de la situation et à ce qui se passe dans ce pays. Cette augmentation témoigne donc de l'instabilité qui perdure en Afghanistan. »

Avec RFI

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