Santé: "En Guinée, 90 hommes sur 100 consultés souffrent d’infertilité", dixit Dr Alseny Yattara, chef service reproduction humaine au centre de santé de Coronthie
Ce qui signifie, à en croire Dr Alseny Yattara, chef service reproduction humaine au centre de santé de Coronthie désormais appelé Centre de santé Bernard Kouchner, du nom du donateur qu’en Guinée, contrairement à l’idée répandue les hommes sont plus touchés par l’infertilité que les femmes. Selon Dr Yattara, spécialiste en cytologie-gynécologique et en biologie de la reproduction: "on accuse à tort les femmes. Les hommes sont beaucoup plus touchés par l’infertilité que les femmes. Il ne s’agit pas de faire intensément des rapports sexuels pour dire que l’on est procréatif".
« Après plusieurs mois d’activités sexuelles sans que votre femme ne contracte une grossesse, ne l’accusez pas, mais il faut s’accuser soi-même. Éventuellement il faut faire des investigations qui peuvent situer le cas à un niveau. Les infections à répétition, mal ou pas du tout traitées, comme les infections à mycoplasme qui fatiguent les spermatozoïdes en sont la cause et qui peuvent les tuer », a martelé Dr Alseny Yattara.
Avant de révéler au micro de Ben Daouda Sylla de la RKS : « sur 100 cas de spermogrammes masculins pratiqués, seulement 8 à 10 hommes sont normaux. Donc, 90 sur 100 consultés souffrent d’infertilité ».
Poursuivant sa démonstration, ce spécialiste en cytologie-gynécologique et en biologie de la reproduction, affirme sans ambages : « les causes de l’infertilité masculines sont entre autres : l’azoospermie (absence totale de spermatozoïdes dans le sperme). Il y en a deux types dont l’un sécrétoire et l’autre exécutoire. La varicocèle (dilation des veines du cordon spermatique situées dans les bourses testiculaires), est responsable des malformations des spermatozoïdes. 10 % des hommes à travers le monde en souffrent de ces malformations selon un rapport médical publié par wikipedia ».
Dans nos sociétés, l’étiquette de l’infertilité est toujours collée à la femme alors que l’homme comme la femme peut l’être. « C’est pourquoi des hommes se livrent parfois à la polygamie espérant procréer avec la nouvelle. Et de mariage en mariage, ils se retrouvent à la tête d’un harem sans pour autant faire d’enfants », explique l’anthropologue guinéen, Ismaël Sylla.
Parlant de l’infertilité féminine, elle est due, conclut Dr Alseny Yattara « au bouchage des trompes, des cas d’infections, des cas de présence d’anticorps anti-spermatiques etc. »
Karim Bah, correspondant de guinee24.com