Société : Conakry, une ville qui regorge des enfants défavorisés

www.guinee24.com - - Societé

 

20 ans après l'adoption, le 20 novembre 1989, à New York, de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, le sort des enfants demeure un sujet de préoccupation majeure en Guinée.


 


Ce texte affirme le droit à "tout être humain de moins de 18 ans" d'être considéré comme une personne à part entière, sujet de droit de façon inaliénable et sans discrimination.

 

C’est dans ce cadre que notre rédaction s’est intéressée à ce dossier, la semaine écoulée,  en rencontrant quelques enfants qui sont issus des  milieux défavorables.

 

Mamadama  Soumah, âgée de 13 ans, vendeuse de l’eau de Coyah au marché Madina : « Je suis avec ma tante à la maison. Donc, je vends des sachets d’eaux pour nous nourrir. Tandis que ma tante a vieilli, donc elle ne peut pas marcher bien. Le jour où je ne vends pas, on ne mangera pas à la maison. Tous mes parents sont au village ; dès fois j’ai envie de partir dans mon village, mais ma tante n’accepte pas que je la quitte… ».

 

Salématou Djouldé Diallo, âgée de 11 ans, élève en 4ème année à l’école primaire de Matoto et vendeuse des fruits au marché Matoto dira : « Si je suis là pour vendre, c’est pour aider ma mère parce que mon père ne travaille  pas actuellement. Donc, après mes heures de cours  à l’école, c’est ici que je viens pour chercher la dépense afin de faire le repas du soir. Dès fois, je ne vais pas à l’école,  quand ma maman a beaucoup de marchandises... ».

 

A souligner que si certains enfants se livrent à la vente des marchandises dans les marchés, par contre d’autres aident les restaurateurs pour subvenir à leur besoin. C’est le cas de Mahawa Bangoura, une fille âgée de 10 ans qui s’explique en ces termes : « C’est ici que je gagne à manger, après avoir fini de travailler. Ici je m’occupe de nettoyage des assiettes pour pouvoir servir les clients qui viennent manger. J’ai envie de faire le métier de la couture, mais je me demande qui peut  financer pour moi, car mes parents ne sont décédés ».

 

Rencontré dans un endroit qui ne dit pas son nom, une autre fille qui ramasse les sachets d’eaux plastiques a préféré gardé l’anonymat, tout en racontant ses difficultés : « Je travaille à la décharge de concasseur ? J’y ramasse les sachets d’eaux, les bidons vides, les sacs, les plastiques et autres objets. D’abord, je fini de les ramasser, je les lave très bien avant de les vendre au marché. C’est une manière de vivre pour ne pas être à la merci des gens comme le font les autres filles qui se livrent à la prostitution. Je sais bien que l’endroit est pollué, mais on a pas le choix ». 

 

Moussa Conté, avec ses 13 ans révolus témoigne : « Je vie à la maison avec la coépouse de ma mère, elle ne me donne pas à manger. Donc, je suis obligée chaque jour de sortir pour aller ramasser du bois pour le revendre. Avant je fréquentais l’école, mais depuis un certain temps, abandonné. Je ne peux pas aller à l’école maintenant, parce ce que mon père n’a pas les moyens pour financier mes études … »

 

Malgré les efforts fournis par le gouvernement, il y a lieu de signaler que beaucoup reste à faire et du coté de l’Etat et de celui des familles qui fuient aussi leurs responsabilités.  

Yahya  Drame

Catégories:Societé