Visite de Travail : Une délégation du Haut Commissariat des Nations-Unies aux droits de l’Homme en mission d’écoute à la Haute Autorité de la Communication
"Recueillir des avis et impressions des commissaires de la Haute Autorité de la Communication (HAC) sur la situation socio- politique du pays ; quelle garantie pour l’accès de toutes les formations politiques aux médias de service public? Quels genres d’appuis pour la HAC ?", Voilà entre autres les profondes préoccupations qui ont motivé jeudi, 16 avril la visite d’une délégation du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme à la HAC.
Après le traditionnel souhait de bienvenue à la délégation, la présidente de la HAC, Mme Martine Condé a présenté son Institution dans sa mission et ses attributions, avant d’indiquer que depuis plus de 20 ans, le défunt organe de régulation était régi par une loi dont les dispositions ne prenaient pas en compte la presse en ligne et les médias audiovisuels. Une manière de dire que l’avènement de la HAC marque le top départ d’une nouvelle approche dans la défense du droit des citoyens à l’information, et la garantie en matière de l’impartialité des organes de presse du service public.
Introduit par le représentant du Haut-Commissariat Des Nations Unies Aux Droits de l’Homme (HCDH) en Guinée, le chef de mission, M. Simon Pierre Nanité du département des Affaires politiques aux Nations Unies a tout d’abord qualifié sa visite de ‘’mission d’écoute’’. « Nous sommes non seulement venus évaluer les besoins des Institutions par rapport aux élections qui pointent à l’horizon, mais avoir aussi des informations sur les éventuels risques qui pourront entraver la tenue desdites élections ». Déjà, le missionnaire onusien qui annonce des rencontres avec des partenaires techniques et financiers, les partis politiques, et la Société civile, promet d’adresser à la fin de sa mission un rapport au Secrétariat des Nations Unies dans le domaine de l’appui à apporter.
En réponse aux préoccupations posées, la présidente de la HAC a présenté avec forces détails un diagnostic sur la situation politique du pays. Sans nier l’existence des facteurs de menace sur la bonne tenue des prochaines élections, Mme Martine Condé s’est d’ailleurs pressée d’indexer l’attitude des acteurs politiques qui selon elle, ont toujours brillé par le reflexe du refus devant tous compromis. A cela s’ajoute d’après l’oratrice, l’impact des médias avec des émissions interactives où des dérapages sont souvent enregistrés. Mais malgré toutes ces craintes, la présidente de la HAC tente de rassurer ses hôtes que les guinéens, à travers les coordinations régionales, les sages et les religieux ont toujours su s’arrêter à un moment donné pour se retrouver autour des valeurs qui font le pays.
Concernant l’accès des tendances politiques aux médias d’Etat, Martine Condé n’est pas passée par quatre chemins : l’accès équitable des partis politiques, des Associations et des citoyens aux moyens officiels d’information et de communication est l’une des missions principales auxquelles son Institution accorde un prix fort. La gestion en terme de l’ordre du passage des partis politiques aux antennes de la RTG pendant les législatives a été citée en exemple, où d’ailleurs, une lettre de félicitation avait même été adressée à l’époque au CNC par l’Union Européenne.
Tout compte fait, la HAC pour relever les nombreux défis qui se dressent devant elle dans le contexte actuel, a besoin selon Mme Martine Condé, d’un appui en terme de logistique ; des ressources pour la vulgarisation des deux lois : la 002 et 003 ; l’acquisition d’un nouveau siège ; sans omettre la formation des journalistes. D’ores et déjà, avec un agenda très chargé, les commissaires s’apprêtent pour une retraite de 2 jours afin de mettre en place une stratégie dans le cadre du plan quinquennal de l’institution, l’envoi de quelques commissaires dès le mois de mai au Bénin afin de s’inspirer de l’expérience de ce pays en terme de régulation en période électorale, l’élaboration et la distribution très prochaine d’un document sous forme de guide aux partis politiques etc. De leurs côtés, d’autres commissaires, par domaine d’intervention ont également tenu à s’associer à leur présidente pour dégager d’autres pistes de solutions par rapport à la crise que vit le pays. Pendant que N’fa Ousmane Camara des postes, télécommunications et des technologies de l’information estime que le pouvoir et l’opposition doivent se mettre sur la même orbite pour dialoguer, les commissaires Mory Fofana de l’Agepi, Ousmane Camara de l’Urtelgui et Oumar yacine Bah de l’Aguipel, eux, sollicitaient le soutien des Nations Unies dans le domaine de la formation des journalistes. Un secteur d’après eux, où les dérapages s’expriment tous les jours de manière consciente ou inconsciente. Il en a été de même pour M. Abdourahimi Bah du Conseil Supérieur de la Magistrature qui, lui, voit la nécessité de vulgariser les lois de la HAC. Quant au commissaire Sékou Tidiane Camara, de la Fédération Nationale des Cinéastes, l’accent doit être mis sur le cinéma ambulant dans le cadre de la sensibilisation des citoyens. La question de logistique dans le domaine des missions à l’intérieur du pays reviendra enfin au Commissaire Joachim Baba Millimono de l’Assemblée Nationale qui a indiqué tout l’intérêt d’un tel redéploiement.
Toute une ambition qui prouve à suffisance que la nouvelle Institution est prête à jouer la carte à fond dans l’accomplissement des missions qui lui sont conférées par la loi.
YAMOUSSA TOURE
BUREAU DE PRESSE DE LA HAC